Conférence de Janie Godfrey  sur les grands illustrateurs du Golden Age

Conférence de Janie Godfrey sur les grands illustrateurs du Golden Age

Le mardi 9 mars Janie Godfrey a donné une conférence à l’Athénée de Bordeaux

L’Illustration dans le livre de jeunesse a connu une période de gloire au XIXème siècle en Angleterre, à tel point qu’on l’a appelé : « le siècle d’or de l’illustration ». Les progrès techniques, le développement du commerce et de l’édition, un nouveau regard sur l’enfance et l’éducation à l’époque Victorienne, donnent un nouvel élan à une forme artistique restée jusque là un peu en retrait, et qui s’adresse maintenant au plus grand nombre. L’illustration est aussi à cette époque au carrefour de courants artistiques et littéraires en pleine mutation. En s’adressant tant aux enfants qu’aux adultes, elle questionne le développement de la révolution industrielle en Angleterre à travers des illustrateurs de grands talents. C’est ainsi que nous essaierons de décripter les messages que des illustrateurs célèbres comme Edward Lear, John Tenniel, Walter Crane, Randolph Caldecott, Kate Greenaway, Beatrix Potter, Arthur Rackham, et Edmond Dulac tentent de faire passer sur la société de leur temps.

Tomi Ungerer  (1931-2019)

Tomi Ungerer (1931-2019)

Le grand Tomi Ungerer nous a quittés.

Originaire d’Alsace, après une jeunesse globe-trotter, il avait commencé dans les années 50 sa carrière de dessinateur dans la publicité aux Etats-Unis et travaillé pour des médias aussi célèbres que The New York Times, Life Magazine ou Esquire. Parallèlement à sa carrière de publicitaire et d’affichiste, il a illustré pas moins de 80 albums pour enfants en 10 ans aux éditions Harper & Row.

Tout le monde se souvient des Trois Brigands (1961) ou du Géant de Zéralda (1967) et de bien d’autres…

Son style d’illustration très influencé par les techniques publicitaires, sait par les graphismes, accrocher le lecteur avec des formes simples et des couleurs contrastées, qui ont toutes une valeur symbolique, le bleu glaçant, le rouge sang. L’humour est aussi toujours présent à travers le regard. A moitié cachés sous leurs capes et hauts chapeaux de feutre noirs les yeux des 3 brigands jouent à faire peur plus qu’ils ne font vraiment peur, ils font même rire… car ils créent une connivence, une complicité avec le lecteur, comme pour mieux l’attirer dans l’image et l’inviter à les suivre dans l’histoire.

Il en va de même pour le Géant de Zéralda, l’ogre un grand couteau à la main regarde le lecteur d’un sourire ambigüe mi rieur mi grimaçant, mais la petite fille assise sur ses genoux n’a pas peur, elle lui sourit même. Cette technique de prise à témoin par le regard est nouvelle dans les années 50/60 et induit une dimension satirique qui lui permet de dénoncer les travers de la nature humaine, et à la manière de son grand maître Guillaume Doré aussi de revisiter les contes.

En 1998, il avait obtenu le prix Hans Christian Andersen, mention illustrateur, la plus haute distinction pour un auteur de livres jeunesse.

Son œuvre dépasse largement le cadre de l’illustration jeunesse puisqu’il a aussi fait des collages, de la sculpture, du design architectural et est l’auteur d’essais philosophiques, de nouvelles, de satires socio-politiques.

Une grande partie de son œuvre est exposée au musée de Strasbourg et deux expositions  auront lieu au printemps à Paris.

Il s’est éteint le 9 février à Cork en Irlande où il vivait depuis plusieurs années.

Janie Coitit-Godfrey

John Burningham (1936-2019)

John Burningham (1936-2019)

John Burningham, one of the most famous English children’s author and illustrator of the 20th century has died recently at the age of 82.

He was married to no less famous writer and illustrator Helen Oxenbury and contributed to around 60 picture books, all loved by generations of children. His most famous works include : Borka: The Adventures of a Goose With No Feathers, and Mr Gumpy’s Outing which both won the Kate Greenaway medal in 1963 and 1970, but also Avocado Baby,  Granpa and many others translated in several languages.

His art as an illustrator described by Maurice Sendak as « visual poetry » is always based on a profound respect of the child whatever his age, encouraging his imagination to fill in the gaps between words and picture. Hence the weaving of his stories based on adressing children directly, never speaking down to them : “I would say that they know one’s on their side,” (…) “Children are not less intelligent, they’re just less experienced, and there is a rather silly attitude that can be adopted, that ‘Oh it’s for children, it’s got to be pink coloured cakes or lots of pattern everywhere, that’s what they’ll like’, and they’re bored. And if they don’t like it they simply won’t look at it.” he said.

It is thanks to the delicate work of his line and colour that he creates complicity and dialogue with the reader.

Janie Coitit-Godfrey

 

 

 

La petite boite – Eric Battut

La petite boite – Eric Battut

La petite boite est un super petit album que l’on imagine bien lire avec un enfant sur les genoux. Les superbes illustrations pleine page d’Eric Battut sont d’ailleurs conçues pour être à auteur d’enfant et pour que ce dernier pénètre dans l’image. Le graphisme très simple tort un peu la réalité avec par exemple un lit trèèèèès long ou une baignoire trèèèèès longue pour prolonger le dessin sur la page de droite et indiquer le sens de la lecture. Les couleurs sont des primaires uniquement : des rouges et des jaunes lumineux et le petit roi tout en bleu, avec quelques touches de blanc pour des détails des vêtements et pour le texte. La technique narrative est très simple basée sur la question récurrente : mais qu’y a-t-il donc dans cette petite boite ? Qui incite à tourner les pages pour savoir, jusqu’à la dernière où l’on voit sortir un ENORME doudou… d’une si petite boîte ! L’humour est toujours présent chez Eric Battut. Sur chaque double page il y a toujours un petit animal ou un petit insecte qui observe la scène ou accompagne l’action.
Janie Coitit-Godfrey

 

Eric Battut – La petite boite
Didier Jeunesse, 2015
Dès 2 ans
Mots clés : doudou, boite, endormissement