« Mes grandes passions enfantines en lecture d’illustrés », confidences de Liliane Cheilan.

« Mes grandes passions enfantines en lecture d’illustrés », confidences de Liliane Cheilan.

Complément à l’article « Lisette et Tarzan – Comment lisaient les filles ? » NVL 230 P.16

Tout en me reconnaissant dans les titres évoqués par Anne Roche, je citerais aussi, pour ma part, ces titres qui mettent en scène des filles ou des femmes de caractère dans la littérature graphique du début du 20e siècle :

–  la série des aventures de Nounouche La Petite Ourse (texte et dessins d’André Durst, Enfants de France,1938) dont j’ai toujours les quinze premiers volumes qui m’avaient enchantée et qui racontent (entre autres car elle a tout fait !) les explorations de cette intrépide oursonne sur tous les continents (Nounouche fait le tour du monde).
Voir : https://www.bedetheque.com/serie-7577-BD-Nounouche.html

– les trois albums de Durga Rani, La reine des Jungles, textes de Sylvère – illustrés par Pellos le dessinateur des Pieds Nickelés (que j’adorais aussi) – une sorte de Tarzan femelle superbement belle, défendant les causes justes, amie et protectrice de grands animaux sauvages (admiration sans borne de la petite fille que j’étais !)
voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Durga_Râni,_reine_des_jungles
À noter que là aussi j’ai encore dans ma bibliothèque ces trois albums !

– les aventures de L’Espiègle Lili  création de Jo Valle et André Vallet  de 1909 à 1998
(voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Lili_(bande_dessinée)
Comme son nom l’indique elle a du tempérament ! J’ai en ma possession actuellement Lili à St Germain des Prés et L’Espiègle Lili aux Indes !

– Je citerai aussi : la série Aggie, créée par le dessinateur américain Hal Rasmusson en 1946. Bien qu’au départ il s’agisse d’une jeune fille ordinaire, sorte de Cendrillon moderne, elle sait prendre son destin en main.
voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Aggie_Mack

J’ai pour ma part 3 volumes: le premier (traduit de l’américain) : Pauvre Aggie ! (1948) ; le second : Aggie gagne sa vie (1949) et un plus tardif : Aggie mène la danse (1957) : on voit l’évolution !

– Je citerai aussi les aventures de Tartine Mariol sorte de Calamity Jane italienne, pas piquée des vers. Personnage créé par Carpi et Chierchini en 1955
Voir https://www.bd-anciennes.com/tartine-mariol-la-meme-presque-invulnerable/oir 
Je n’ai qu’un numéro : Tartine (n° 201, Société française de Presse illustrée,1966)
Le personnage plus que haut en couleur fait un peu penser à celui de la tante Zulma dans les Aventures d’Oscar le petit canard, dont je me suis régalée aussi.

– Enfin, comment oublier la série des Bécassine de Caumery et Pinchon dont la célèbre héroïne, qui n’est plus à présenter, est d’abord apparue dans La Semaine de Suzette du 2 février 1905 !
Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bécassine_(bande_dessinée)

J’ajouterai que Lisbeth, personnage central de Monsieur Désire ?  (Glénat, 2016, dessin de Virginie Augustin et scénario de Hubert, auteur de Peau d’homme, voir p. 31) est manifestement une parente de Bécassine tant pour l’origine sociale et le tempérament que par son apparence physique.

MASCULIN-FEMININ-AUTRES :  NOTRE SELECTION DE LIVRES RECENTS

MASCULIN-FEMININ-AUTRES : NOTRE SELECTION DE LIVRES RECENTS

albums

 

Jessica Love –  Julian est une sirène,

Pastel, 2020, 13€ – 9782211306669, 6-8 ans,  (identité de genre, queer) cf NVL230

Camille Victorine et Anna Wanda Gogusey, Ma maman est bizarre

La ville brûle, 2020 ( stéréotypes de genre) cf NVL230

Christos/Mélanie Grandgirard, Dinette dans le tractopelle,

Talents hauts, 2021/2009, 4ans +, ( stéréotypes de genre) cf NVL 230

Laura Dockrill/ Maria Karipidou – Le rouge à lèvres

Talents Hauts, 2021, 16€ – 9782362664007. Dès 3 ans (genre ) cf note NVL230

Bernadette Green / Anna Zobel – Mes deux mamans

Talents hauts, 2021, 14,90€ – 9782362664298. Dès 3 ans (homoparentalité) cf note NVL230

Agnès Laroche/ Fabienne Brunner – Un jour mon prince viendra

Talents hauts, 2021,14€- 9782362662591. 3-4 ans +(homosexualité) cf note NVL230

Gwendoline Raisson/ Clotilde Perrin- T’es fleur ou t’es chou ?

Rue du Monde 2021/2008, 14€ –  9782355040313.  4 ans + ( stéréotypes de genre)cf NVL230

Croüch, Anormally – Juste un bisou…et puis quoi encore ?

Ed. des trois canards, 2021, 10€ – 9782956732525. 4 ans + (consentement) cf noteNVL230

Mai Lan Chapiron – Le loup  

La Martinière, 2021 –  9782732499628. De 4 à 9 ans ( inceste) cf NVL230

Claude Burneau, Alessia Bravo- Chamalla

Motus, 2020, 16€ – 9782360111015.  6 ans + ( héroïne sans peur, conte, ogresse)cf NVL230

Louise Mey/ ill. Libon, Sam et le Martotal,

La ville brûle, 2020 ( féminisme ) cf NVL230

Anne Dory et Mirion Malle,  Roule Ginette !

La ville brûle, 2021 , ( féminisme ) cf NVL230

Caroline Fournier/Carolane Storm- La voix bleue,

On ne compte pas pour du beurre, 2021, 15€ –  9782957170029. 4-10 ans  (homoparentalité)cfNVL230

Chiara Mezzalama/ill.Reza Dalvand –Valentin de toutes les couleurs,

Ed. des éléphants, 2021, 14€ – 9782372731010. 6-10 ans ( stéréotypes de genre)

Eva Offredo –  Yahho Japon,

Maison Georges, 2021, 18€, 9791091180856, 8 ans+. (femmes métiers) cf note  NVL 228

Kari Tinnen/Mari Kanstad Johnsen—Nils, Barbie et le problème du pistolet

Albin Michel, 2013, 9782226247315  ( stéréotypes de genre)

Marilyn Plénard/Maylis Vigouroux – Contes des femmes libres, courageuses et sages

La Martinière jeunesse, 2021, 14€90 – 9782732496528.  9 ans + ( héroïnes) cf note NVL230

Hubert Ben Kemoun- Mercédès cabossée

Thierry Magnier, Petite poche, 2021, 3,90, 7ans + (  violences conjugales ) cf note  NVL 228

Michèle Bayaer, Finies les chatouilles !

Oskar, 2020, 7,95, 9 ans + ( inceste)  cf note NVL 226

Luana Vergari/Adèle Bontoux – AL au pays des merveilles

Éd. Bel et Bien.2021, 18€ – 9782490984015. Dès 9 ans. (théâtre et genre) cf note NVL230

 

bandes dessinées

 

Zelia Abadie/ Gwenaëlle Doumont – Awa,

Talents hauts, 2021, 11,90€ –  9782362664403. 7 ans+ ( féminisme)

Jen Wang (trad. amér)- Le Prince et la couturière

Akileos, 2018, 22,00 €, 9782355743061. 7 ans+  ( genre, travestissement) cf NVL 230

Hubert / Zanzim- Peau d’homme

Glénat, 2020, 15 ans+  ( genre, travestissement) cf NVL 230

docufictions et documentaires

 

Chimamanda Ngozi Adichie/ leire Salaberria – Nous sommes tous des féministes

Gallimard jeunesse, 2020. 12€ . 9782075142915 (féminisme, égalité des sexes, noirs)cf note NVL 229

Hélène Druvert- Fille Garçon,

Saltimbanque, 2021, 21 € – 9782378012175.  6 ans +(égalité des sexes)cf Note NVL230

Laetitia Colombani/ Clémence Pollet – Les victorieuses ,

Grasset jeunesse,2021, 14,90 €, 9782246824435, 6 ans+  (féminisme, héroïne)cf Note NVL230

Delphine Beauvois/Claire Cantais- Ni poupées ni super héros ! Mon premier manifeste antisexiste, La Ville brûle, 2015,  ( égalité des sexes) cf NVL230

Annabelle Kremer Lecointre – Femmes de sciences,

La Martinière, 2021, 19,90€ – 12 ans+   ( féminisme héroïnes) cf note  NVL 228

Emma Strack / Maria Frade – Harcèlement,

La Martinière jeunesse, 2021, 14,90€, 9782732495262. 12 ans+ ( harcèlement)Cf note NVL229

Anna Roy/Mademoiselle Caroline – TOUT sur les règles

Flammarion jeunesse, 2021, 12€ – 9782080237293. 11 ans+ (féminisme) cf noteNVL 230

Elise Thiebaut/ Mirion Malle – Les Règles…. Quelle aventure !

La ville brûle, 2021/2017, 12€ – 9782360120949.  Dès la puberté, pour tous (féminisme) cf noteNVL 230

Lucia Zamolo, trad. (all.) C. Lemieux – C’est beau le rouge

La Martinière Jeunesse, 2021, 12,90 € – 9782732497259. Dès 10 ans (féminisme)cf note NVL229

Iris Brey /Mirion Malle, Sous nos yeux, Petit manifeste pour une révolution du regard,

La Ville brûle, 2021, pour ados ( égalité des sexes) cf NVL230

Philippe Nessmann – Une fille en or

Flammarion jeunesse, 2021, 13,90 € –  9782081495630. 12 ans+ ( héroïne sportive) cf note NVL230

 

ROMANS-féminisme -égalité des sexes

 

Florence Hinckel – Renversante

EDL, Neuf, 2021, 10€, – 9782211239387. 8- 11 ans,( féminisme) cf note NVL230

Louison Neelman- Féminine

Scrinéo, 2021, 10,90, 13 ans +  (stéréotypes de genre au collège), cf note  NVL228

Marine Carteron et Coline Pierré –Romy et Julius 9782812619847  Rouergue,  2020

Marie  Desplechin – La Capucine

L’Ecole des Loisirs, oct 2020, 15 € -9782211310956- Dès 11 ans ( héroïne du peuple) cf note NVL 228

Lucie Maud Montgomery, trad.Hélène Charrier,  – Anne de Green Gables

Monsieur Toussaint Louverture, 2021/1908, , ( égalité des sexes) cf NVL230

 

ROMANS -Violences sexuelles, homophobie, homosexualités

 

Sandrine Beau, La porte de la salle de bain,

Talents Hauts, 2015, 12 ans +,(inceste ) cf NVL 227

Antoine Dole, L’instant de la fracture,

Talents Hauts 2018- (inceste ) cf NVL 227

Claire Mazard, Maman les p’tits bateaux,

Le Muscadier, 2020. (inceste ) cf NVL 227

Eric Pessan, Tenir debout dans la nuit

L’Ecole des Loisirs, Médium, 2020, 13, 13 ans + (  viol )  cf note  NVL 226

Mireille Desidero – Ce point qu’il faut atteindre ,

Le Muscadier, Rester vivant, 2020, 13,50, 13 ans +  ( viol)  cf note  NVL226

Gwendoline Vervel –L’odeur de la pluie

Scrinéo, 2020 16,90, 15 ans + ( viol)  cf Note NVL226

Ilana Cantin, Rose rage

Hachette, 2020, 15,90.  14 ans+ ( harcèlement )

Vincent Faurie – Fioul ,

Fleurus, 2020, 12,90.  13 ans + (harcèlement) Note NVL226

Gaël Aymon, Silent boy

Nathan, Court toujours, 2020, 8€ -9782092592762. 13-14 ans (stéréotype, identité, harcèlement) cf note NVL 228  

Arthur Ténor, La guerre des youtubeurs ,

Scrinéo, 2020, 10,90 12 ans+ ( harcèlement ) Note NVL227

Florence Hinckel- Comme un homme 

Nathan Court Toujours, 2020, 8, ados  (inceste )cf note NVL226

Cathy Itak, Sans armure.

Talents hauts, 2020, 7,00 13/16 ans, (autisme/ homosexualité) cf note NVL224

Marie-Lenne Fouquet- Corps de fille

Talents hauts, 2021, 8 €, 9782362664120, 13 ans + ( violences consentement) cf note NVL230

Aurélie Massé- Cette nuit-là

Slalom, 2021, 15,95€, 9782375543047.  15 ans+ (viol) cf NVL230

Annelise Heurtier – Push

Casterman, 2021. 14,90€- 9782203222403. 13 ans+ ( violence sexuelle) cf note NVL230

Elsa Devernois – Le plongeoir ,

Talents Hauts, 2021, 7, 13 ans +  ( harcèlement ) cf note NVL 228

Nastasia Rugani – Je serai vivante

Gallimard, Scripto, 2021, 9 €, 9782075157445, 13 ans+, (viol, silence,  ravage).  cf note NVL 229

amille Versi – Tu ne me briseras pas

Scrinéo, 2021, 17,90 –  15 ans + ( harcèlement, emprise)

Fanny Vandermeersch – Là où tu iras ,

Le Muscadier, coll. Rester vivant, 2021, 10,50€ – 9791096935901. 13+  (emprise perverse) cf noteNVL229

Aurore Gomez – Faire chavirer les icebergs,

Magnard Jeunesse, 2021. 15.90€-  9782210972728. 14 ans ( homosexualité) cf note NVL230

 

ROMANS -question du genre

Jean Noël Sciarini, Le garçon bientôt oublié,

EDL 2010 ( transidentité)

Charlotte Erlih, Bacha Posh,

Actes Sud Junior, 2013, 9782330018184 ( travesti, transidentité) cf NVL230

Alex Gino, George,

EDL, 2017 (transidentité)

Riyoko Ikeda, Misato Raillard (trad. jap.) – La Rose de Versailles

Kana, 1972-2019. 19 €- 9782505009498. 15 ans + (manga, histoire, travesti) cf note blog nvl-larevue.fr

Jessica SCHIEFAUER, trad sued. Marianne Segol-Samoy- Trois garçons

Thierry Magnier,  Grands romans, 2019, 16.00 € – 9791035202309  (travesti, transidentité) cfNVL230

Ashley Poston/ trad. Sarah Salie,Ombeline Marchon – La Princesse et la fangirl,

Lumen, 2021, 16€ –  9782371023147.  12 ans+.( LGBTQIA+) cf noteNVL230 

Sèverine Vidal – Sous ta peau, le feu

Nathan, 2021, 14,95, 9782092490389 15 ans + ( travesti, homosexualité)cf NVL230

Meredith Russo – Birthday

 PKJ, 2021, 17,90€ – 9782266300360. 15 ans+ transidentité

Sylvie Baussier, Pascale Perrier, C’est pas ton genre,

Scrinéo, 2021, 16,90, 12 ans + (stéréotypes de genre ) cf note NVL 229

Lisa Williamson, trad. angl. Mathilde Tamae-Bouhon,  Normal(e),

Hachette Jeunesse, 2021,   9782017134169.  (transidentité)

Kacen Callender – Felix ever after

Slalom, 2021, 17,95€, 9782375543009. 15 ans + (transidentité ) cf  NVL 230

Fabrice Melquiot, Isabelle Pralong- Polly,

La Joie de lire, 2021, 15ans + ( intersexe ) cf NVL230

Engagements d’écrivaines : ce que peut la littérature de jeunesse post-coloniale

Engagements d’écrivaines : ce que peut la littérature de jeunesse post-coloniale

L’état social du monde actuel désigné sous le vocable de « société-monde » par plusieurs chercheurs (Daniel Mercure, Denis Duclos) se caractérise par deux réalités principales : le mouvement et la connexion. En effet, ainsi que l’explique Marc Abélès dans son anthropologie de la globalisation : « les gens et les lieux de par le monde sont aujourd’hui extensivement et densément connectés les uns aux autres en raison des flux transnationaux croissants de capitaux, de marchandises, d’informations, d’idées, et d’êtres humains. » On assiste dès lors à une « interpénétration des sociétés »[1] qui s’accroît considérablement après 1989. Or, cette globalisation implique de nouvelles configurations sociales qui nécessitent que l’on reconsidère la production aussi culturelle que littéraire, et plus largement les politiques d’identité, pour les adapter aux nouveaux besoins identitaires.

Face à cette situation, éditeurs et écrivains s’engagent sur des questions identitaires auprès des enfants afin de proposer de nouveaux modèles au monde. Par exemple, plusieurs écrivaines connues dans le champ de la littérature générale ont intégré le secteur littéraire destiné à l’enfance et à la jeunesse dans le but de produire des signes identitaires capables d’aider les jeunes lecteurs à se retrouver dans le maëlstrom de la mondialisation : c’est notamment le cas de Louise Erdrich et de Maryse Condé, deux écrivaines-mondes respectivement amérindienne et antillaise qui proposent aux jeunes lecteurs des textes susceptibles de les aider à se construire dans la société-monde. Leur pratique « bi-éditoriale »[2] se pose en s’opposant comme une contribution à une nouvelle manière d’habiter le monde interculturel d’aujourd’hui. Dans cet article, il va être question de s’interroger sur la place de la littérature de jeunesse post-coloniale en contexte de société-monde à partir des postures et des œuvres de ces deux écrivaines issues d’espaces culturelles minoritaires (peu influentes dans la culture-monde). En se basant exclusivement sur des textes qui circulent en France, la réflexion va consister à analyser la scène littéraire comme imaginaire-monde à partir des personnages qui sont mis en avant et de l’ensemble des univers romanesques. Il s’agira donc de montrer comment les écrivaines construisent leurs récits autour des personnages à la fois géoculturalisés et ouverts sur le monde afin de faciliter l’intégration du lecteur européen dans le récit.

  1. Ouvrir les enfants sur le monde

Les postures postcoloniales de Maryse Condé et de Louise Erdrich reposent sur plusieurs modalités poétiques : la présentation de soi, la mise en avant d’un héritage culturel, le devoir de mémoire et la construction d’un espace littéraire interculturel. Ces éléments de l’éthos des auteures sont lisibles aussi bien dans leurs littératures pour les adultes que dans leurs littératures destinées à l’enfance et à la jeunesse qui poursuivent un but politique bien assumé par les auteures : construction d’un lecteur-monde sensible aux réalités actuelles de la globalisation culturelle, sensibilisation à la tolérance et au vivre-ensemble. Or, l’acquisition de ces valeurs passe aussi par la connaissance de l’Autre et par l’acceptation de ses différences.

 

  • À la découverte du monde amérindien…

Écrivaine de la Renaissance amérindienne, Louise Erdrich inscrit son œuvre dans la logique d’une valorisation du patrimoine culturel amérindien et propose par là-même, une histoire du peuple ojibwé auquel elle appartient. En écrivant sa série littéraire The Birchbark house[3], elle entendait en effet transmettre un héritage aux jeunes amérindiens et, en même temps, présenter les contours de la société ojibwée d’antan aux lecteurs non-amérndiens. En expliquant ses attentes quant à la réception de sa série, elle insiste sur ce dernier point :

Je veux que les gens entrent dans ce monde et que les enfants en particulier s’identifient et entrent dans un monde où ils appartiennent à une famille amérindienne. Cette famille avait ses colères, ses épreuves, son bonheur, ses douleurs, son héroïsme, son désespoir et ses contrariétés. Vous savez, tout ce que la famille de quelqu’un a.

Je veux que les lecteurs aient une compréhension plus compliquée des Amérindiens et se rendent compte que les gens ont survécu. À ce jour, les gens parlent leur langue, vivent dans leur propre culture et possèdent une grande diversité de cultures. C’est ce que je voulais faire avec ces livres.[4]

On voit bien que le combat littéraire de Louise Erdrich tient compte des réalités actuelles du monde qui fonctionne désormais par interconnexions multiples. En effet, le texte a une forte dimension interculturelle qui permet aux enfants amérindiens de s’ouvrir au monde et, à l’inverse, aux enfants non-amérindiens de découvrir les réalités de la vie des ojibwés, notamment leur structure sociétale et familiale. La circulation du texte prouve bien qu’il est question d’inviter le monde à s’intéresser au vécu des ojibwés puisque d’ailleurs, parmi les cinq tomes de la série, deux ont bénéficié d’une traduction en langue française publiée chez L’école des loisirs et circulant en France et, plus largement, en Europe. Cela sous-entend donc que ces textes sont lus par des jeunes lecteurs qui y vivent et qui en parcourant les œuvres, découvrent l’histoire, la langue et les traditions du peuple ojibwé.

La confrontation avec le monde amérindien passe majoritairement par les personnages ojibwés qui, bien qu’étant géoculturalisés, sont d’une certaine manière ouverts sur le monde. Dans The Birchbark house, le choix des personnages principaux n’est pas anodin. Par exemple, le personnage principal Omakayas est une petite fille ojibwée : « On l’appelait Omakayas ou petite grenouille parce que son premier pas était un saut. »[5] Depuis la couverture (édition traduite en français), le lecteur européen s’attend à découvrir des personnages différents puisque l’image qui y figure est représentative d’une société évidemment distincte de la sienne. Dans ce cas précis, en effet, il s’agit d’une photographie de Thomas Hopker susceptible de susciter la curiosité des lecteurs (le paysage, l’accoutrement des personnages, l’architecture des habitations).

 Image 1. Couverture d’Omakayas (version française de The Birchbark house)

Dans les remerciements, Louise Erdrich tient à préciser la provenance du nom Omakayas et la dimension historique de ce personnage : « […] Le prénom Omakayas apparait dans un recensement effectué sur le Mont Tortue. Je l’utilise dans sa version originale car on m’a appris qu’il fallait redonner vie aux prénoms anciens. Cher lecteur, cher lectrice, quand tu prononceras ce prénom, tu rendras hommage à une fille ojibwa qui vécut il y a bien longtemps. »[6] Cette précision apparaît comme une posture littéraire postcoloniale qui vise à conférer au récit un caractère historique. De plus, l’écrivaine invite les lecteurs à participer à ce devoir de mémoire en prononçant le nom du personnage principal. C’est peut-être ce qui explique le titre de la traduction du Tome 1 qui n’est autre que le nom du personnage principal.

On pourrait également citer d’autres indices tels que l’utilisation de l’oralité et du cycle romanesque, la présence des contes et le rapport à la nature qui caractérisent tous aussi bien la société ojibwée. Tous ces détails participeraient à faire rentrer le lecteur européen dans un univers autre que le sien.

  • Figures de protagonistes noirs

Toute comme Louise Erdrich, la littérature de jeunesse de Maryse Condé repose sur un engagement identitaire auprès des jeunes lecteurs. Il s’agit de mieux intégrer les enfants caribéens (et plus largement, les enfants noirs) de la Diaspora dans le monde et, à l’inverse, permettre aux autres enfants-lecteurs de comprendre la situation actuelle des enfants noirs. Dans une interview avec Cécile Lebon, elle revient sur ses motivations en ces termes :

Aujourd’hui plus que jamais il est bon d’intéresser les jeunes caribéens à l’histoire coloniale. Les migrations, la globalisation non élucidée, ajoutent à la complexité du monde. Il est bon par exemple d’expliquer que ce dernier phénomène dont on parle tant n’est pas nouveau pour la diaspora africaine. Il a en réalité commencé dès que le premier “asiento”2 a été signé par le roi d’Espagne pour l’importation d’esclaves africains. Depuis cette époque la diaspora africaine a dû s’adapter à un nouvel environnement, affronter d’autres cultures. Si le jeune caribéen est au courant de cette continuité dans la dispersion, la dépossession et l’oppression, il analyse mieux les phénomènes actuels.[7]

Le roman La Belle et la Bête : une version guadeloupéenne[8] qui comme l’indique le sous-titre s’inspire du célèbre conte occidental « La Belle et la Bête » résume bien le projet littéraire de l’écrivaine. Publié à Paris et donc susceptible de tomber entre les mains des jeunes français, le texte assume dès la couverture une déterritorialisation du conte et pourtant bien connu des enfants. Au-delà du titre, l’image qui y figure met en avant deux personnages supposés être « La Belle » et la « Bête » guadeloupéennes. En effet, on y voit une jeune fille métisse vêtue d’une robe blanche avec des motifs de madras –un tissu apprécié des populations créoles –, parée d’un collier en perles et portant un panier de fruits, qui s’avance vers un homme de teint noir, supposé être « La Bête ». Outre les couleurs des peaux des personnages, le décor naturel (cocotiers, rivière, verdure, collines) fait penser au climat chaud des tropiques. Ainsi, les lecteurs habitués à une « Belle » blanche et à un espace occidental avec des bâtiments tels que le château de la Bête se laissent entraîner vers d’autres réalités géoculturelles. De plus, l’écrivaine choisit, malgré le genre du conte, de donner un cadre réaliste au roman, certainement dans le but de faire découvrir la Guadeloupe aux autres lecteurs. Par exemple, la majorité des lieux cités sont réels (Basse-Terre, Deshaies, Matouba), de même que les références à l’histoire (l’ouragan Katrina qui peut permettre de situer le récit à 2005) et à la situation sociale et politique de la Guadeloupe (le mouvement de Pwotification).

Image 2. Couverture de La Belle et la Bête : une version guadeloupéenne

 

  1. Ce que peut la littérature de jeunesse post-coloniale en contexte de société-monde

 

-L’être humain a besoin d’être rassuré. Il n’aime pas trop ce qui risque de le déranger dans ces certitudes. Il a tendance à se méfier de ce qui est nouveau. Souvent on a peur de ce qu’on ne connaît pas.[9]

2.1. Poétique du monde

Dans sa théorie de la littérature de jeunesse, Nathalie Prince précise la place du personnage et le lien qu’il entretient avec son lecteur :

Le personnage apparaît à plus d’un titre comme la pièce essentielle des drames enfantins. C’est par lui que se signale l’originalité de cette littérature, une originalité qui n’est pas seulement due à la polymorphie des incarnations ‘animaux fantastiques, bavards, sorcières-fées, magiciens, magiciennes, éléphants skyeurs, génies des larmes ou du rire) mais à la fonction et au rôle que le personnage adopte souvent dans ce type de littérature Parce qu’il ne saurait se comprendre sans son aspect esthétique, c’est-à-dire sans sa réception lectorale, le personnage est intimement lié à son jeune lecteur.[10]

Bien que les enfants-personnages de Louise Erdrich et de Maryse Condé sont différents de leurs lecteurs européens du point de vue de la race, des traditions, etc., ces derniers ont en partage l’enfance qui de par son universalité les réunis au sein de la société-monde. En effet, les écrivaines, au-delà des réalités locales, n’hésitent pas à mettre en avant d’autres éléments susceptibles de briser la barrière de l’inconnu. Un premier élément est assurément l’âge des personnages qui s’adaptent à la tranche d’âge des lecteurs : Omakayas a 9 ans au début du récit qui s’adresse à des lecteurs âgés au minimum de 8ans. Quant au roman La Belle et la Bête, il s’adresse à des lecteurs adolescents âgés au moins de 14-15ans avec des personnages principaux adulescents. Cette sorte d’édition chronospécifique[11] permet aux lecteurs de suivre beaucoup plus facilement les personnages « étrangers » qu’ils rencontrent. Nathalie Prince souligne bien que « L’enfant et l’adolescent en littérature […] sont des apparitions qui valent pour essence : ces personnages mimétiques ou contre mimétiques, surmotivent le texte de jeunesse. »[12]

Outre l’âge des personnages, il y a ces derniers évoluent le plus souvent dans une espace multiculturel, semblables à ceux des lecteurs. L’album A la courbe du Joliba[13] met en scène des personnages qui évoluent dans la vidéosphère, qui adorent le cinéma, le football, etc., qui consomment des plats du McDonalds, des sodas (coca), et qui apprécient le cinéma américain et asiatique. On voit bien que tout cela n’est pas anodin ; d’ailleurs on peut l’interpréter comme un moyen de montrer les réalités semblables que vivent les enfants aujourd’hui.

Un autre élément qui pourrait permettre aux lecteurs de mieux intégrer les univers décrits dans les textes repose sur la dimension esthétique ; ce que Steeve Renombo nomme la mondialisation littéraire pour décrire :

[les] modalités de réception esthétique de la mondialisation perçue comme objet dynamique susceptible de générer des rationalités et problématiques singulières. Il s’agit de se demander, en d’autres termes, à travers quels dispositifs formels la littérature africaine francophone ne fait pas que subir la mondialisation mais s’y confronte à en élaborant une riposte. Il s’agit donc d’interroger les modes d’inscription, de présence et de figuration de la mondialisation, promue au rang d’objet narratif. Comment les dynamiques à l’œuvre dans la mondialisation (flux, circulation, hybridité, virtualité, furtivité et ductilité, transversalité, polyphonie, etc.) affectent-elles, convertissent-elles les structures canoniques du roman ? Quelles sont les nouvelles rationalités produites, les nouveaux « partages du sensible (Rancière) » et procès de représentation du chronotope  (Bakhtine): en résumé, l’hypothèse d’un roman dit de la mondialisation est-elle seulement soutenable ?[14]

Cette esthétique du monde se lit à travers quatre procédés dont : l’intertextualité (la pluralité des références littéraires, musicales et filmiques dans La Belle et la Bête de Maryse Condé participent de l’ouverture de l’enfant-lecteur sur le monde), l’intergénéricité (le passage de l’écriture romanesque au conte ou la présence des images chez Louise Erdrich offre au lecteur une richesse artistique et littéraire en même temps qu’il lui permet de voir, à travers les illustrations, des objets culturels décrits par le langage linguistique), le phénomène de l’interlangue (la coprésence des langues française et ojibwée et surtout la présence d’un glossaire dans le péritexte, permet au lecteur d’intégrer jusqu’à l’univers linguistique du peuple ojibwé). Chez Maryse Condé, on souligne également le phénomène de réécriture (le cas de La Belle et la Bête) qui crée un imaginaire commun entre les lecteurs antillais et les lecteurs métropolitains.

En prenant en compte la société-monde dans laquelle évoluent les enfants-lecteurs, les écrivaines usent d’une sorte d’esthétique pédagogique de la mondialisation. Chez Maryse Condé, cela se manifeste par l’explication des mots créoles ou des réalités propres aux Antilles et parfois, des mots difficiles. La Belle et la Bête, par exemple, comporte plusieurs notes infrapaginales qui orientent le lecteur avec des précisions, des explications et des traductions : à la page 19, la note 3 explique un mot : « Volière : grande cage à oiseaux… »[15] ; tandis que la note 5 définit un mot de la langue créole : « Raziés : buissons, en créole »[16]. Et à la page 24, la note 3 apporte des précisions sur une réalité géographique : « Dominique : île britannique de l’archipel des Caraïbes »[17]. Ce procédé est lisible dans toutes les œuvres de Maryse Condé destinées aux jeunes lecteurs, dans lesquelles elle n’hésite pas à insérer des appels de notes. Chez Louise Erdrich, l’esthétique didactique est beaucoup plus lisible à travers des éléments paratextuels : la table de matières, le glossaire, les notes de l’auteure s’adressant parfois au lecteur et les cartes ou les croquis permettant au lecteur-européen (et pas que) de mieux intégrer le contexte narratif. Concernant la cartographie, on retrouve ce même procédé dans plusieurs textes de la littérature de jeunesse post-coloniale publiée en France : Yacouba, chasseur africain[18] d’Ahmadou Kourouma, Chiens fous dans la brousse[19] de Maryse Condé, Ma Sœur-Etoile[20] d’Alain Mabanckou et Judith Gueyfier, Alpha, Abidjan-Gare du Nord[21] de Bessora et de Barroux, dans Tropique du la violence de Gaël Henry[22].

 

  • Composer avec l’altérité

Si la mise en avant des personnages non-européens dans les littératures de jeunesse amérindienne et antillaise apparaît comme une attitude « évidente », on peut néanmoins s’interroger sur la réception de cette représentation dans la société française. Le phénomène de société-monde impliquant un nouvel ordre social caractérisé par les interconnexions multiples –engendrés par les nouvelles technologies, les nouveaux motifs et moyens de communications et de transport – implique que l’on prenne en compte la situation interculturelle à laquelle sont confrontés les jeunes lecteurs : classes, médiathèques, clubs, lieux de culture, etc. La littérature de jeunesse post-coloniale joue, dès lors, un rôle important dans la mesure où elle prend en compte la nécessité d’intégrer le public immigré dans la société-monde en même temps qu’elle donne des outils aux jeunes européens pour comprendre les « Autres » dans leur diversité. C’est donc une production qui répond, en partie, au besoin de faire « monde », comblant l’absence des cultures minoritaires (ici, celles des antillais et des amérindiens) dans le sillage de la culture-monde. Si, comme l’explique Tahar Ben Jelloun, la haine de l’Autre vient du fait qu’on ne le connait pas, alors l’une des manières de penser le vivre-ensemble repose sur la conception d’un imaginaire commun et, surtout, la connaissance de l’Autre. De ce point de vue, le lecteur européen en s’attachant à des personnages antillais (ou plus largement africain) et amérindien, apprend à passer outre les différences raciales, culturelles et sociales voire linguistiques qui les distinguent pour faire monde avec eux !

[1]              Abélès, Marc. Anthropologie de la globalisation. Paris : Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2012, 302 p., p. 17.

[2]              La « bi-éditorialité » désigne l’aspect sociologique (au sens de la sociologie littéraire) de la mixité éditoriale. Il s’agit du comportement éditorial des écrivains qui publient à la fois pour les adultes et pour les jeunes lecteurs. Cf. Merveilles Mouloungui, « Alain Mabanckou et ses deux lectorats : bigraphie et construction d’un lecteur-monde », dans : Mas, Marion ; Mercier-Faivre, Anne-Marie. Écrire pour la jeunesse et pour les adultes. D’un lectorat à l’autre. Paris : Classiques Garnier, coll. Rencontres, n°459, 2020, p.113-129.

[3]              The Birchbark house : titre d’une série de 5 romans pour les jeunes lecteurs publiée par Louise Erdrich entre 1999 et 2016 (versions originales). Les deux premiers tomes (The Birchbark house et The Game of silence) ont été traduits en français par Fréderique Pressman respectivement en 2002 et en 2005. Dans cette étude, nous nous intéressons principalement à ces deux textes susceptibles d’influencer le lectoratfrançais puisque circulant en Europe, notamment en France.

[4]              Interview de Louise Erdrich avec Teaching books. [en ligne]
https://www.teachingbooks.net/interview.cgi?id=63&a=1. Consulté le 03.07.21.

[5]              Erdrich, Louise. Omakayas. Trad. Frédérique Pressmann. Paris : l’École des loisirs, coll. Médium, 2002, 203 p, p.13.

 

[6]              Erdrich, Louise. Omakayas, « Remerciements »

[7] Entretien de Maryse Condé avec Cécile Lebon. [en ligne]     http://cnlj.bnf.fr/sites/default/files/revues_document_joint/PUBLICATION_5628.pdf. Consulté le 03.07.2020.

[8]              Condé, Maryse. La Belle et la Bête : une version guadeloupéenne. Paris : Larousse, coll. Contemporains, classiques de demain, 2013, 109 p.

[9]              Ben Jelloun, Tahar. Le racisme expliqué à la fille. Vingt ans après : ce qui a changé (1998-2018).

[Edition augmentée et refondue]. Paris : Seuil, 2018, p.42.

[10]            Prince, Nathalie. La littérature de jeunesse : pour une théorie littéraire. Paris : Armand Colin, coll. U Lettres, 2015 [2010], p.128.

[11]            Ferrier, Bertrand. Les livres pour la jeunesse. Entre édition et littérature. Rennes : Presses universitaires de Rennes, coll. Didact Edition, 2011. p.20.

[12]            Prince, Nathalie. La littérature de jeunesse : pour une théorie littéraire. p.97.

[13]            Condé, Maryse ; Letizia Galli (Ill.). À la courbe du Joliba. Paris : Grasset Jeunesse, coll. Grands lecteurs, 2006.

[14]            Renombo, Steeve. « Imaginaires littéraires francophones et mondialisation. Entre grondements et bruissements », dans : Enongoue, Flavien ; Maukala Ndoumou, Nzinzi, Pierre Dominique. L’Afrique dans les éblouissements du monde, Au miroir du monde Tome 2. [Préf. Bertrand Dadier, Post. de Guy Rossatanga-Rignault]. Paris : Cent mille milliards ; Descartes et Cie, 2019, 355 p., p.251.

[15]            Condé, Maryse. La Belle et la Bête. p.19.

[16]            Condé, Maryse. La Belle et la Bête. p.19.

[17]            Condé, Maryse. La Belle et la Bête. p.24.

[18]            Ahmadou Kourouma ; Millet Claude ; Millet Denise (Ills.). Yacouba, chasseur africain. Paris : Gallimard Jeunesse, coll. Folio Junior, 1998.

[19]            Condé, Maryse. Chiens fous dans la brousse, dans : Je bouquine, no268, juin 2006, pp.12-52.

[20]            Alain Mabanckou ; Judith Gueyfier (ill.). Ma Sœur-Etoile. Paris : Seuil Jeunesse, 2010.

[21]            Bessora ; Barroux (ill.). Alpha, Abidjan-Gare du Nord. Bande dessinée. Paris : Gallimard Jeunesse, 2014.

[22]            Henry, Gaël. Tropique de la violence. [Bande dessinée d’après le scénario de Natacha Appanah]. Paris : Sarbacane, 2019.

 

Merveilles Mouloungui

Membre de l’Afreloce et de l’Institut Charles Perrault, Merveilles Mouloungui est doctorante à l’Université de Lorraine et rattachée au centre ECRITURES où elle prépare une thèse de littérature comparée sous la direction du pr. Pierre Halen (université de Lorraine) et du pr. Sylvère Mbondobari (université de Bordeaux).

Titre de la thèse : Société-monde et production identitaire en contexte post-colonial. À propos de l’implication en littérature pour la jeunesse de Maryse Condé, Louise Erdrich et de Véronique Tadjo.

Ses différents travaux portent sur les identités en contexte de mondialisation (écriture de l’Histoire, immigration, métissage culturel, mondialisation littéraire, entre autres) et les rapports entre littérature adulte et littérature jeunesse. Merveilles Mouloungui est, par ailleurs, ATER en études culturelles (Université de Lorraine) et présidente de l’association ICI Doc’ (association des doctorants de l’école doctorale Humanités Nouvelles – Fernand-Braudel).

 

Biblio : De nouveaux enjeux pour la lutte contre le racisme ?

Biblio : De nouveaux enjeux pour la lutte contre le racisme ?

Clément Dherbécourt, Nés sous la même étoile ? Origine sociale et niveau de vie, France stratégies,  2018,

Le CV anonyme « pénalise » les personnes issues de l’immigration, Le Monde, 04 avril 2011,

 

Odile Ferry, Élise Tenret, « A la tête de l’étudiant·e » ? Les discriminations perçues dans l’enseignement supérieur,​OVE Infos, n°35, 2017,

 

Gilbert Meynier et Pierre Vidal-Naquet, Coloniser, Exterminer : de vérités bonnes à dire à l’art de la simplification idéologique

 

Robert Castel, La discrimination négative : citoyens ou indigènes ?, Paris, Seuil, 2007,

 

Yazid Sabeg et Laurence Méhaignerie, Les oubliés de l’égalité des chances, Institut Montaigne, 2004,

 

Ministère de la Cohésion des Territoires et des Relations avec les Collectivités Territoriales, Portraits de France, 2021,  Rédigé par P Blanchard et al.

Pierre Bruno

MASCULIN-FEMININ-AUTRES :  NOTRE SELECTION DE LIVRES RECENTS

Sélection de livres jeunesse sur l’enfant noir

Kouam Tawa , ill William Wilson,  A comme Afrique,  Gallimard Giboulées, 2020-, 22 €- pour tous

David Guyon, Hélène Crochemore, Ailleurs, Talents Hauts

Nnedi Okorafor – Akata witch, L’école des loisirs, 2020, 13 ans+

Timothée de Fombelle, Alma, Le vent se lève, Paris, Éditions Gallimard, 2020

Zélia Abadie, Gwenaëlle Doumont, Awa, Talents hauts, 2021, album BD 9 ans +

Muriel Bloch, Magali Attiogbé – Babel Africa Gallimard Jeunesse, Giboulées, 2020, 16€, 8-13 ans.

Atinuke,  Angela Brooksbank, Bébé va au marché,  Editions des Eléphants, 2020, 14 € , De 18 mois à 5 ans

Atinuke,  Angela Brooksbank, Bébé est bien caché,  Editions des Eléphants

Atinuke,  Angela Brooksbank, Bintou la casse cou, Editions des Eléphants

Anne-Isabelle Le TouzéBienvenue à l’école Aimé !, Ecole des loisirs

Bond, Marion, Queen Mama, Cali, c’est moi, Marion Bond, 2020.

Laura Nsafou, Barbara Brun, Comme un million de papillons noirs, Cambourakis

Kouam Tawa, Fred Sochard, Danse petite lune, Rue du monde

Juliette Parachini-Deny, Séverine Duchesne, Devine qui est le plus fort ?, Les P’tits Bérets

Mamadou Diallo/ ill Vanessa Hié,  Diabou N’dao,  Mini album Syros

Malorie Blackman, Entre chiens et loups, Milan, roman

Thyssen judith Geyfier,  Fatou du monde  Rue du monde

Jason Reynolds, Ghost, Milan, 2019, roman  

Rémi Courgeon, Gros Chagrin, Talents Hauts, 2014, 3 ans+

Jacob Lawrence, Harriett et la terre promise, Ypsilone ed.  2018,

Ellen Levine, Kadir Nelson, Henry et la liberté, une histoire vraie,  Ed. des Eléphants, 2018

Jamia Wilson, Andrea Pippin, I have a dream : 52 icônes noires qui ont marqué l’histoire, Petit homme, 2018

Gaia Cornwall-  Jabari plongeD’eux, 2020, dès 4 ans

Bernard F., Roca F. Jeanne et le Mokélé. Albin Michel jeunesse, 2001

Julie Rey, Je peux savoir pourquoi je suis noir ?, L’École des loisirs, Théâtre, Paris, 2016.

Laferriere D., Normandin F. Je suis fou de Vava.Editions de La Bagnole, 2006.

Boudimbou, Ophélie, Ama, Kanika. Dans la cuisine de mamie, Publishroom, 2019.

Marie Sellier,  Marion Lesage, L’Afrique, petit Chaka, Réunion des Musées Nationaux, 2000

Gérard Moncomble, Zad- Là-bas – Utopiques, Alterégaux, 2021, 10€, 8ans +

Sylvain Victor- La petite fille qui voulait voir des éléphants, Atelier du poisson soluble, 2013

France Quatromme/ Mercè Lopez-  La robe de Fatou , Kaléidoscope, 2021, 13 _ 9782378880347

Rocio Bonilla, Susanna Isern, Le grand livre des superpouvoirs, Père Fouettard

Sam Boughton Le petit jardinier extraordinaire– Gallimard Jeunesse, 2019, dès 5 ans

Traoré, Makamoussou, Marta Anna Jollant. Les aventures de Djibril – Djibril, un jour de pluie. Traoré Makamoussou, 2019.

Traoré, Makamoussou, Thakshi Dissnayake, Les aventures de Djibril – Djibril à l’école. Miroirs libres, 2019

Sandra Le Guen, Marjorie Béal, Les cheveux en bataille, Les P’tits Bérets

David F., Galeron H. Les enfants de la lune et du soleil. Motus, 2001

Laure Monloubou, Michaël Escoffier, Les gens normaux, Kaleidoscope

Mwankumi D. Les petits acrobates du fleuve. L’Ecole des Loisirs,

Bond, Marion, Queen Mama, Les petits super-héros sont les plus forts. Mission en eaux troubles, Marion Bond, 2020.

Barak Obama, ill. Loren Long – «  of thee I sing » : Lettre à mes filles,  La Martinière, 2011

Alex T. Smith- Lili-Rouge et le gros méchant lion –  Scholastic  2015, 3 ans +

Antoine Guilloppé, Little Man, Gautier Languereau

Delphine Perret, Sébastien Mourrain, Louise ou l’enfance de Bigoudi, Les Fourmis Rouges

Pinguilly Y., Coulibaly N’naplé., Palayer C., Maïmouna, qui avala ses cris plus vite que sa salive, Vents d’ailleurs, 2007.

Raphaële Frier, Zaû, Martin et Rosa, Martin Luther King et Rosa Parks ensemble pour l’égalité,  Rue du Monde 2013

Mabanckou A., Gueyfier J.Ma sœur-Etoile. Seuil jeunesse, 2010.

Lilian Thuram, Mes étoiles noires – De Lucy à Barak Obama., Ed. Philippe Rey, 2010

Lenain T., Balez O. Moi Dieu merci qui vis ici. Albin Michel Jeunesse, 2008.

Karen Beaumont, David Catrow – Moi je m’aime !   Scholastic, 2005/ 2017  5 ans +

Astrid Desbordes, Pauline Martin, Mon ami, Albin Michel Jeunesse

France Quatromme, Sandrine Bonini, Mon enfant de la terre

Guissé, Madina, Lyly Blabla, Neïba Je-sais-tout (ou presque). Tu sais garder un secret ?, Publishroom, 2017.

Guissé, Madina, Lyly Blabla, Neïba Je-sais-tout. Un portable dans le cartable, Publishroom, 2018.

Matthew A. Cherry et Vashti Harrison, Nos boucles au naturelScholastic, 2020, dès 3 ans

Chimamanda Ngozi Adichie, leire Salaberria – Nous sommes tous des féministes, Gallimard jeunesse, 2020.

Zad,  Nemob. Paris paradis(T1).  2 vives voix, Bisous de famille, 2011.

Jean D., Zad, Nemob. Paris paradis(T2). 2 vives voix; Bisous de famille,2013.

Davina Bell, Allison Colpoys, Qui est le plus futé ?, Sarbacane

Ana Maria Machado,Hélène Moreau – Rêve noir d’un lapin blanc, Vents d’ailleurs, 2005, 5-8 ans

Irène Cohen-Janca & Marc Daniau- Ruby tête haute Ed. des Eléphants, 2017,

Varian Johnson/ Shannon Wrigt- Sœurs jumelles, Scholastic 2021, BD 9 ans+

Vanessa Simon Catelin/ François Soutif- Tiguidanké, Kaléidoscope, 2020,  9782378880255

Véronique Massenot, Amarnath Hosany, Sébastien Chebret,  Tizam et l’arbre à bonbons, L’élan vert

Lilian Thuram, Jean Christophe Camus/ Benjamin Chaud, Tous superhéros Delcourt, 2016, BD 6-12 ans

Trish Cooke et Helen OxenburyTrès, très fort !   Flammarion Jeunesse, 2020, dès 4 ans

Frank Prévot, Aurélia Fronty, Wangari Maathai, la femme qui plante des millions d’arbres. Rue du Monde

Dedieu t. Yacouba. Seuil Jeunesse, 1994.

Dedieu T. Kibwé. Seuil jeunesse, 2007.

Dedieu T. Yakoubwé. Seuil Jeunesse, 2012.

Nathalie Dieterlé, Le tout petit bobo de Zékéyé -Zékéyé et la colère du géantZékéyé et la sorcièreZékéyé et le grand méchant NiaZékéyé et le gros gâteau de KokiZékéyé et le singe de CocodiZékéyé et les drôles de bruits,  Hachette Enfants.

 

 

BANCELN. & Al (dir.),Ruptures postcoloniales. Les nouveaux visages de la société française. Paris: La Découverte, 2010.

 

BLANCHARDP.Question noire et présence afro-antillaise en France: de l’invisible au visible in POINSOTM et WEBERS. (Dir.), Migrations et mutations de la société française.Paris:La découverte, 2014.

 

FASSIND et FASSINE. (dir.)De la question sociale à la question raciale. Représenter la société française. Paris: La Découverte,2010

 

NDIAYEP.La Condition noire.Essai sur une minorité française. Paris: Calmann-Lévy, 2008.

 

Les questions noires en France Revendications collectives contre perceptions individuelles Présentée et soutenue publiquement  Par Yoann LOPEZ  2010

Claudine Charamnac Stupar

Biblio : De nouveaux enjeux pour la lutte contre le racisme ?

(bibli) Lupin 2020

  • AMADIEU Jean-François, La Société du paraître : Les beaux, les jeunes… et les autres, Paris : Odile Jacob, 2016.
  • BARTHES Roland, Critique et vérité, Paris : Le Seuil, 1966, p. 37.
  • Bourdieu Pierre, Wacquant Loïc, La nouvelle vulgate planétaire, Le Monde diplomatique, mai 2000
  • BRUNO Pierre, « Les ambivalences de l’antiracisme. L’exemple de la littérature pour la jeunesse », Le français aujourd’hui, 2020/2 (N° 209), p. 39-48
  • BRUNO Pierre, La Culture de l’enfance à l’heure de la mondialisation, Paris : In Press, 2000, p 132-133.
  • Cooley, Brown-Iannuzzi J. L., Lei R. F., Cipolli W. III, « Complex intersections of race and class : Among social liberals, learning about White privilege reduces sympathy, increases blame, and decreases external attributions for White people struggling with poverty ». Journal of Experimental Psychology: General, 148(12), 2218–2228, 2019
  • DUBET François, Les Places et les chances : repenser la justice sociale, Paris : Seuil & La République des Idées, 2010.
  • MICHAELS Walter Benn, La Diversité contre l’égalité, Paris : Raisons d’agir, 2009
  • NOIVILLE Florence, « La noirceur contestée des livres de jeunesse : Des éditeurs répondent à notre enquête », Le Monde des livres, 21 décembre 2007, p. LIV
  • OUASSAK Fatima, KEBE Diariatou, Appel du « Front de mères » : luttons pour nos enfants
  • Mrs ROOTS Sensitivity Reader et le faux débat de la censure…
  • SMADJA Isabelle, BRUNO Pierre, Harry Potter, ange ou démon ?, Paris : Presses Universitaires de France, 2007
  • SORIANO Marc, Guide de la littérature de Jeunesse, Paris : Flammarion, 1975, p. 189