Sandra Le Guen - Les Minots

Illustrateur : Coralie Saudo

L’oiselle et l’oiseau ne connaissent pas le repos. Ils volent longtemps au-dessus de la forêt pour trouver l’arbre le plus confortable, les brindilles et les brins d’herbe les plus résistants, les pétales et les plumes les plus doux. Ils y ajoutent leur persévérance, leur
volonté, leur tendresse et tout leur amour. Et ils construisent un nid solide, sécuritaire, chaleureux, unique. Leur nid, le meilleur. « Parfums sucrés et couleurs tendres, il ne restait plus qu’attendre. » Leur attente est si profonde, si omniprésente, si écrasante aussi. Parce que le temps passe, les saisons se succèdent, d’autres familles s’élargissent. Tandis que leur nid reste toujours vide. Leur cher petit oisillon n’est toujours pas là. Pourtant, ils attendent, ils gardent l’espoir. Et voilà que dans la lumière déclinante d’un jour automnal, apparait enfin la lumière de leur vie. Si fragile, si étonnante. Et si désiré, déjà si aimé, leur petit. « Ils savaient que c’était lui. » Dans ce texte ciselé avec beaucoup de soin et d’émotion, Sandra Le Guen conte une attente particulièrement douloureuse pour de nombreux couples — celle d’un bébé qui n’arrive pas. D’une manière poétique et délicate, elle pose doucement les mots sur les sentiments qui habitent une maison vide : ce manque brulant, cette tristesse insondable et cet espoir qui ne renonce pas. Et puis, tout aussi gracieusement, l’auteure introduit un changement lumineux dans la vie du couple, ce « petit » qui va combler le vide, qui, malgré toute sa différence, va devenir leur « petit » sans doutes ni hésitations. L’histoire est enrobée dans les illustrations originales de Coralie Saudo. Des personnages charmants en galets peints trouvent leur place au coeur d’un beau décor forestier tout en collages sympathiques qui mettent en valeur différentes teintes et textures. Il en émane beaucoup de douceur qui s’allie parfaitement à la fragrance subtile du récit. Un album tendre sur un sujet important. Une petite maison d’édition à découvrir.

Andréa Khylya