Matthew Cordell - GENEVRIER (Le)


Album très réussi, de l’abondante collection Caldecott. Ici, les émotions se passent de mots, quelques onomatopées seules s’échappent pour la rencontre inattendue d’un petit loup et d’une petite fille, perdus tous les deux, sur le trajet école-maison. La neige tombe. Et l’entraide joue, le lien s’installe, sorte d’humanité par delà les espèces. Chacun ainsi retrouvera les siens. Pour dire tout cela, des illustrations touchant l’essentiel, un échange tendre, émouvant, chaleureux, poétique, où chaque trait, chaque coup de pinceau semble poser l’aquarelle, à la hâte et sommairement, poussé par la nécessité du récit. D’immenses doubles-pages pour une immersion dans une nature encore préservée, ou parfois, des vignettes pour presser le temps, ou encore deux grands cercles, lunettes géantes, pour une vision simultanée de ces deux mondes qui vont se rencontrer. Et la neige qui tombe. Et la trace qui disparait, jusqu’à n’être plus qu’une ligne pour l’horizon ou le pli des collines. La couleur s’organise autour de l’épaisseur de la neige. Mais celle que l’on ne perd jamais de vue c’est la tache du manteau à capuche de la petite fille. Stylisée. Rouge. Bravo. C’est bon pour le cœur.

Marie Dufon Roche