Alfredo Soderguit - DIDIER JEUNESSE


C’est un album remarquable: son grand format carré sur un papier mat aux couleurs lumineuses avec des zooms très rapprochés sur une partie de l’animal, tantôt la tête, tantôt le corps incite à s’identifier à l’animal et à entrer dans le livre. Le graphisme est très moderne, très design, privilégiant les lignes essentielles pour une meilleure lecture des formes et attirer l’enfant à l’intérieur de l’image. La qualité interne de la couleur, son intensité, sa luminosité et les jeux de contrastes invitent l’enfant à une communion avec l’animal voire à une identification. La progression du texte très court, un peu à la manière d’un poème ou d’une chanson, qui évolue en 3 temps, s’articule autour de la formule « quand je » plus un verbe correspondant à une caractéristique de l’animal : « j’observe » pour la chouette, « je dors » pour l’ours etc. On constate que ces verbes évoluent vers des comportements humains : « ris », « danse », « parle », et le dernier groupe « joue », « combats », « rêve » et enfin « veux », la chute finale, associée cette fois, non plus à un animal, mais à un humain.
L’objectif est de souligner par les verbes ce qu’il y a d’humain dans l’animal et vice-versa, et à travers une dialectique entre l’humain et l’animal de replacer l’homme dans la nature dont il est issu. C’est un très bel album !

Janie Coitit Godfrey