Hélène Kérillis -


Après une première édition chez l’Élan Vert il y a onze ans, nous retrouvons avec plaisir cet album qui joue avec les mots comme Miró joue avec les objets. L’auteur les combine dans un récit qui s’inspire, dans sa fantaisie, de celle de Miró. La structure du livre est toujours identique : des extraits de tableau de Miro, sur fond blanc : des dessins réalisés aux crayons de couleur et un texte dans des cadres sur fond beige. Cette organisation permet de se laisser porter par la fantaisie de l’histoire sans pour autant se perdre dans les auteurs des illustrations et la narration. Cette combinaison est délicieusement poétique et nous entraine dans une histoire où l’on parle d’écologie. La magissorcière découvre derrière sa porte une pauvre bête toute défigurée : le canacoincoin. Il vient de la planète Tourneboule et est victime, comme tous les habitants, du Tamafumoir qui a fait de la pollution son business. Il a dans la tête un dragon cracheur de pollution et de billets de banque. Grâce à un adoucisseur pour boitapense, le dragon est endormi et le Tamafumoir n’aspire qu’à la paix et s’éprend de la nature. Après avoir profité des extraits de tableaux imbriqués dans le récit et les illustrations, on les découvre en entier avec la date de réalisation. L’album s’achève sur une biographie de Miró, présentée de façon dynamique. Une très belle réussite, à la fois dans l’histoire elle-même, la combinaison des illustrations, l’évocation subtile de problèmes liés à l’écologie et surtout, la valorisation de l’œuvre de Miró, parfois difficile d’accès.

Anne Frachet