Andreï Kourkov - Boréalia

Illustrateur : Tania Goryushina

Certes le hérisson est largement présent dans
la littérature jeunesse et l’on peut presque dire
que c’est elle qui l’a dédiabolisé (pensons en
particulier à Quipik et à bien d’autres). En effet,
depuis la nuit des temps, que ce soit dans
la littérature (depuis la Bible) ou les croyances
populaires, le hérisson n’avait pas bonne
presse : il était nuisible voire maléfique. Dans cet album le hérisson apparait comme un animal très doux, gentil, avec
une physionomie humaine. Il se désole parce qu’il est jaloux de ne pas être
caressé par les enfants comme les autres animaux. C’est à travers la rencontre
avec une souris qu’il comprendra que c’est sa condition d’animal sauvage (et
en filigrane, non ses piquants !) qui empêche les caresses. Il décide donc d’inviter chez lui la petite souris ; et depuis ce temps-là il n’est plus jaloux. Cet album en randonnée est une défense du hérisson, de sa douceur et sa tendresse, mais c’est surtout une belle histoire d’amitié entre deux êtres que tout a priori sépare. Le hérisson ne mange-t-il pas occasionnellement des souriceaux ? C’est aussi une interrogation sur l’identité : suis-je un animal domestique ou sauvage ? Le format à l’italienne renforce la situation dramatique des premières pages ; le texte, toujours sur la page de gauche accentue la dynamique de la randonnée
et les tons doux, un peu naïfs des illustrations viennent de plus soutenir le cours de cette tendre histoire.

Jean-Claude Bonnet