Ulf Stark - Ecole des loisirs
Illustrateur : Kitty CrowtherGottfried accompagne son père à l’hôpital pour rendre visite à son grand- père. Ce dernier est grognon, il dit des gros mots et se met en colère, ce qui déplait à son fils. Il fatigue le personnel en sonnant sans raison car il s’ennuie. Le petit fils assiste à l’échec de la visite où son père fermé ne sait pas créer le lien nécessaire… Gottfried aime son grand père bougon mais tendre et vivant, ils se sentaient très proches dans leur vie d’avant. Il va voir en cachette son grand père et l’idée lui vient de le faire sortir pour qu’il revoie sa maison. Avec l’intervention d’un copain plus âgé, boulanger, et prétextant une formation de deux jours de son équipe de football, il part en organisant la venue de son grand père comme s’il s’agissait d’une sortie familiale. Tout se passe comme prévu et il va réussir à conduire son grand-père en haut d’une falaise dans sa maison. C’est pénible et difficile mais le grand-père est radieux de retrouver sa demeure, de déguster le dernier pot de confiture d‘airelles confectionné par sa femme qui est morte et de pouvoir vivre ce moment de grâce chez lui ! Il va même, au retour, pouvoir emporter la photographie de sa femme tant aimée. De retour à l’hôpital il jouit encore de ces instants magiques et change d’attitude. Il est plus docile et calme. Gottfried en a assez de mentir et dit la vérité à son père tout en lui reprochant de ne pas s’occuper plus du grand père mais le père ne peut envisager cela et croit que Gottfried ment, il s’en tient à la sortie du football. C’est un livre attachant, cernant bien le problème de la grande vieillesse et de la dépendance. L’étude des relations intergénérationnelles est juste, pleine de sensibilité et de finesse, mêlant parfois de la poésie aux situations. La démonstration est faite que l’enfant est mieux placé que l’adulte pour donner cette attention nécessaire dans ces moments ultimes où les instants sont comptés. Le récit n’est jamais triste mais, au contraire, laisse percer de la lumière et de l’espoir. Paule Bloch