Nadia Coste - Seuil Jeunesse


Un roman post-apocalypse tout à fait remarquable et bien dans l’air du temps, qui traite le thème écologique d’une façon qui nous amène à penser autrement notre rapport au végétal, notre rapport à la biodiversité, notre rapport au monde tout simplement.
2081, réchauffement, pluies acides, la nature a quasi disparu, les hommes survivent grâce à leurs technologies surpuissantes et surtout grâce aux Plantes, végétaux mutants importés de l’espace qui purifient air et eau, nourrissent, rafraichissent, mais prolifèrent d’une manière qui inquiète. Devant le danger
qu’elles deviennent hors de contrôle, leur destruction est programmée par les humains qui n’ont pas compris que celle-ci entrainera aussi la destruction de l’humanité. Les Plantes ne connaissent pas d’individus mais constituent un réseau connecté par la terre, un gigantesque rhizome, et comme elles ne peuvent communiquer avec l’espèce humaine, elles réussissent à coloniser le corps d’un jeune botaniste pour créer un être hybride homme-végétal, de façon à ce qu’il soit l’ambassadeur des Plantes, pour parler aux hommes, pour tenter de reconstruire l’Harmonie entre ces habitants de la planète.
On connait des espèces animales ayant une forme d’intelligence collective comme les abeilles ou les fourmis, mais l’auteur arrive à faire concevoir une forme de vie vraiment différente de la nôtre en extrapolant à partir des principes du rhizome végétal. Ce roman bien écrit, très adapté à de jeunes amateurs de science-fiction, invente de nouvelles technologies fascinantes, garde une dimension humaine avec des ingrédients policiers autant que sentimentaux et surtout suscite une réflexion qui remet l’homme à sa place sur la planète parmi les autres espèces, tous étant interdépendants.

Claudine Charamnac-Stupar