Karin Serres - Rouergue


La science-fiction pour les jeunes se présente souvent sous la forme d’une dystopie qui extrapole à partir de nos réalités et inquiétudes actuelles. Dans ce roman, la Nature n’est plus qu’un souvenir pour les hommes qui vivent sous des dômes où sont projetées des images de ciel, sans oublier la création de pluies et tombers de feuilles à l’automne !… l’idée est jolie ! L’autre principe sur quoi repose cette dystopie est terrifiant : les machines pourvoient à tout, les hommes n’ayant plus à s’occuper que de leurs loisirs en sont arrivés à une civilisation du jeu virtuel, tous jouent dans un bonheur lénifiant procuré par les ondes alphas dont les machines les entourent. Cette idée originale ne sera pas vraiment développée dans le roman qui tire plutôt le fil écologique avec ces héros aux mains vertes. Cette expression imagée contient l’idée d’une bonne relation humain-plante. Le roman la développe de façon littérale, les héros découvrant un beau matin que leurs mains, et seulement elles, sont réellement devenues vertes. Ils découvrent en même temps qu’ils ont des pouvoirs, surtout celui de se transporter dans l’espace et dans le temps et surtout qu’ils ont une mission, sauver les Happa no ko, « enfants de feuilles ». Ces êtres qui sont de pures énergies ne prennent forme visible que d’être couverts de feuilles mortes !… et sont pourchassés par les machines pour aspirer leur énergie. Là commence une fantasy proche du merveilleux, difficile à expliquer tant les causalités sont farfelues. Guère de science et une fiction un peu enfantine, ce roman facile à lire nous semble plus adapté à un lectorat de 9 à 12 ans, il apparait comme le synopsis d’un roman dans la collection Epik qui nous a habitués à des ouvrages plus exigeants.

Claudine Charamnac-Stupar