Guillaume Chauchat - Biscoto Editions


Mots clés : BD, Mondrian, rêves, peur d’oublier, séparation, mélancolie, poésie
BD qui emprunte à Mondrian pour la peur existentielle de la séparation, de l’oubli

Autour de la disparition et du vide qui devient un possible, immense, à remplir. Traité en BD façon Mondrian pour les cases au gros feutre noir et le choix des couleurs, il faut jouer le jeu et entrer dans l’alternance du quotidien répétitif de Jean, en noir et blanc, et de ses rêves la nuit, aux couleurs tellement vives. Il faut accepter la convention des objets qui parlent et qui disparaissent, jusqu’au jour où Jean se retrouve seul avec cette petite larme, toute de poésie, qu’il vient de verser et qui parle elle aussi. C’est sa voix intérieure, ils ne se quitteront jamais. Très peu de texte, mais la drôlerie des mines perplexes ou inquiètes des objets et de Jean en disent beaucoup sur leurs émotions devant la séparation, l’oubli. C’est un copain et son rêve d’hippopotame aux pets de navet qui le font atterrir dans un réel où tous les possibles sont à venir et pourquoi pas à dos d’hippopotame ! Lecture dynamique, le jeu de mots du titre l’annonce. Album malin et très réussi.

Marie Dufon-Roche