Mohieddine Ellabbad - Le port a jauni

Illustrateur : Yves Gonzalez-Quijano

Ce long livre élégant est découvrir de droite à gauche selon la lecture de l’arabe. Tout au long de ce voyage découverte, l’auteur s’attache à nous montrer d’abord les sources de son inspiration : ce peut être un timbre-poste ou bien un billet dont la réalité le déçoit toujours quand il la compare aux rêves qu’ils avaient déclenchés quand il était enfant. Il nous fait pénétrer des notions à partir de l’animal, chat, loup par exemple, droite/gauche, dessus/dessous, si différentes pour des orientaux par rapport à des occidentaux. Enfin, il nous fait pénétrer le monde plus conceptuel de la calligraphie et de la philosophie particulières à l’orient. Par exemple la manière de présenter un livre en laissant un espace blanc pour que le lecteur puisse inscrire ses observations. En un mot, si on a la patience de suivre son processus de pensée et de présentation, on en sort plein de rêves… et la pensée plus élargie pourrait-on dire. Mais pour ce faire, il faut que le jeune lecteur ait la patience de se laisser guider par le rythme et la main de l’auteur. Ce ne sera pas donné à tout lecteur mais si l’on choisit judicieusement ce lecteur, alors l’échange pourra être éclatant. Et pour l’adulte cultivé ou curieux, ce sera un excellent moment de découverte ou d’approfondissement du jugement. La présentation est très soignée et les dessins complexes accompagnent bien ce livre bilingue qui s’offre à nos cultures orientales et occidentales en construisant un excellent pont à emprunter par tous.

Paule Bloch