Grimm - Le Genévrier

Illustrateur : Rapaport

Le couple désespère d’avoir un enfant ;  grâce au genévrier ( ?), le souhait se réalise mais la mère meurt à la naissance de l’enfant, le père se remarie, la marâtre déteste l’enfant qu’elle tue, mais fait croire à sa propre fille  Marlène que c’est elle qui l’a tuée, la marâtre fait cuire l’enfant  et le fait manger à son père  mais la petite fille dépose les os sous le genévrier ; de l’arbre s’envole alors un oiseau  qui répète :  « Ma mère m’a tué/ Mon père m’a mangé /Ma soeurette Marlène/ A bien pris de la peine/ Pour recueillir mes os jetés /Dessous la table et les nouer/ Dans son foulard de soie/ Qu’elle a porté sous le genévrier ». Cet effrayant scénario est le début du conte qui se terminera par la mort de la méchante mère et la résurrection de l’enfant martyre.

Il est terrible,  ce conte à la fois peu connu et rassemblant des motifs très célèbres : on retrouve ainsi le thème  de l’enfant follement désiré comme dans Les Sept Corbeaux, de l’enfant haï par sa marâtre comme  dans Blanche Neige mais aussi l’abominable festin d’Atrée de la mythologie grecque. Ce qui nous rappelle que ces histoires venues du fond des temps ne faisaient pas dans la dentelle…elles portent dans la fiction toutes les horreurs du réel  et s’adressent à tous pour frapper l’imagination et transmettre une rude expérience de la vie.  Mais justement, elles sont fiction, et il faut relire Bettelheim et sa Psychanalyse des contes de fée pour se rappeler leur fonction essentielle par rapport aux angoisses enfantines. Il n’empêche qu’on en réservera la lecture aux plus avertis d’autant que les images de Rapaport, sublimes, et la mise en page du texte sur fond noir soulignent la dimension tragique du conte. L’illustrateur utilise un mélange complexe de techniques et de  références graphiques : gravures, vitraux… C’est une belle ouverture pour  la nouvelle collection Ivoire  et un album emblématique pour la maison d’édition qui a pris le nom de l’arbre magique.

CCS