Alexandre Chardin - Magnard Jeunesse
« Un malicieux hommage au Baron perché d’Italo Calvino » est-il dit en 4ème de couverture. C’est bien ça : la narratrice rêve d’avoir pour son anniversaire une balançoire. Un rêve tout simple mais qui soulève la colère d’un père très strict, absorbé par son travail et qui ne supporte pas le moindre arbre à proximité au point d’avoir fait abattre ceux de leur jardin. Depuis le décès de leur mère survenu dans leur jeune âge, les enfants, Albertine et Sylvain sont confiés aux bons soins d’« un » nounou, judicieusement nommé Nours. C’est par lui que se déclenchera le cataclysme : il installe une balançoire accrochée à une branche qui passe au-dessus du mur du jardin. Leur père la fait enlever et Albertine se réfugie dans les arbres. Temps de l’aventure mais surtout temps de la souffrance trop longtemps tenue secrète : le père muré dans son silence parlera enfin de la femme aimée trop tôt disparue, en tombant d’un arbre, on s’en doutait. De belles pages alternent avec des dialogues pas toujours utiles. La découverte de la vie dans les arbres est aussi le chemin qui rapproche instinctivement la narratrice de sa mère. La violence de la crise montre aussi la nécessité de la parole, toujours. Bernadette Poulou