Sélection 2019-2020 de la médiathèque de Talence sur le thème de l’arbre

Sélection 2019-2020 de la médiathèque de Talence sur le thème de l’arbre

Dans le numéro 221 de septembre «  Les 8-12 ans, quels lecteurs ? » nous vous avions présenté le prix 9-12 ans de la Médiathèque de Talence. Sommaire du numéro

 

Voici leur sélection pour cette année 2019-2020, sur le thème de l’arbre :

 

Ma fugue dans les arbres, Alexandre Chardin, Magnard, 2019. (analysé dans NVL n°220)

Happa no ko, le peuple de feuilles, Karin Serres, Rouergue, 2018

Prince Koo, Adam Stower, Albin Michel Jeunesse, 2018

Mortimer mort de peur, La forêt des cauchemars, Agnès Laroche, Rageot, 2016

Sauvons les arbres, Delphine Grinberg/ill. Bertille Mennesson, Rageot, 2019

La marche du baoyé, Sigrid Baffert/ill. Adrienne et Léonore Sabrier, MeMo polynie, 2018. (analysé dans NVL n° 216)

 

La sélection de ce dernier titre nous  fait d’autant plus regretter la disparition de la collection  Polynies  que nous évoquions dans notre dernier numéro.

Bernadette Poulou

L’étincelle et la cendre

L’étincelle et la cendre

Axl Cendres savait raconter à merveille les imparfaits, les cabossés et les loosers. Toute une galerie de anti-héros, mal partis dans la vie, des êtres qui avaient un grain de folie, peuplaient ses récits parsemés de tendresse. 

Sous sa plume, les marginaux, les rejetés suscitaient notre empathie. Les familles dysfonctionnelles et leurs vies politiquement incorrectes nous devenaient proches. Elle avait cette folie douce, ébréchée, désaccordée. Elle avait l’apparence et le discours d’un oiseau tombé du nid, contraint de s’endurcir au contact de la vie. 

Porte-parole des laissés-pour-compte et des vilains petits-canards, elle invoquait pour nous le destin des éclopés de la vie, sans pathos, sans mièvrerie. 

Elle protégeait ses personnages de l’intolérante norme sociale par une dose d’humour grinçant, une pincée de dérision et un ton décalé. Ses récits, écrits par d’autres auteurs, nous auraient paru bien glauques ou sordides. En demeurant toujours en dehors des cases bien carrées, bien proprettes, son humanité chaleureuse et sa distance au malheur, savaient nous troubler, nous émouvoir.

Elle avait 37 ans.

Au revoir, dame en noir !

Marga Veiga Martinez

Toni Morrison (18 février 1931- 5 août 2019)

Toni Morrison (18 février 1931- 5 août 2019)

Toni Morrison est décédée dans la nuit du 5 au 6 août 2019 à l’âge de 88 ans. Romancière, dramaturge, essayiste, éditrice, elle est une grande figure de la littérature américaine.  Elle a aussi été professeure à l’université de New York et de Princeton.

Bien que déjà très connue aux Etats-Unis, c’est son roman  Beloved  publié en 1988 dans lequel elle raconte l’histoire de Sethe jeune esclave noire hantée par le souvenir de sa fille qu’elle tua pour lui éviter sa condition d’esclave qui l’a rendue célèbre et pour lequel elle sera lauréate du prix Pulitzer. Elle obtient le prix Nobel de littérature en 1993 pour l’ensemble de son œuvre. C’est son style qui frappe à la lecture de son oeuvre avec des techniques narratives très inventives qui multiplient les points de vues sur la réalité et entraine le récit dans des contrées magiques au carrefour de la culture populaire et de l’oralité.

 

Il n’est donc pas étonnant qu’elle ait aussi investi ses talents de conteuse en s’adressant aux enfants. De 1999 à 2014 elle écrit 6 livres pour enfants – dont certains co-écrits avec son fils Slade. Quatre seront traduits en français :

 

A ton avis la cigale ou la fourmi?, L’Ecole des Loisirs, 2011(La fable de La Fontaine revisitée

Tout ce qu’il faut savoir sur les méchants ! Milan Jeunesse, 2007 (Comment reconnaître les méchants derrière les apparence

À ton avis : Le Viel Homme ou le Serpent ?, Casterman, 2004 (La fable d’Esope : Le laboureur et le serpent revisité)

Ma liberté à moi,  Gallimard, 2003 (Une histoire très poétique sur la liberté et l’indépendance)

 

Bien que femme noire écrivant sur les difficultés sociales des noirs dans une société pensée par des blancs, bien que la plupart de ses héroïnes soient des femmes martyrisées, Toni Morrison a toujours refusé d’être considérée comme écrivaine ‘noire féministe’.

Loin des communautarismes et des étiquettes on gardera l’image d’une écrivaine éprise de liberté et révoltée contre toute idée d’identité figée.

 

      

Tomi Ungerer  (1931-2019)

Tomi Ungerer (1931-2019)

Le grand Tomi Ungerer nous a quittés.

Originaire d’Alsace, après une jeunesse globe-trotter, il avait commencé dans les années 50 sa carrière de dessinateur dans la publicité aux Etats-Unis et travaillé pour des médias aussi célèbres que The New York Times, Life Magazine ou Esquire. Parallèlement à sa carrière de publicitaire et d’affichiste, il a illustré pas moins de 80 albums pour enfants en 10 ans aux éditions Harper & Row.

Tout le monde se souvient des Trois Brigands (1961) ou du Géant de Zéralda (1967) et de bien d’autres…

Son style d’illustration très influencé par les techniques publicitaires, sait par les graphismes, accrocher le lecteur avec des formes simples et des couleurs contrastées, qui ont toutes une valeur symbolique, le bleu glaçant, le rouge sang. L’humour est aussi toujours présent à travers le regard. A moitié cachés sous leurs capes et hauts chapeaux de feutre noirs les yeux des 3 brigands jouent à faire peur plus qu’ils ne font vraiment peur, ils font même rire… car ils créent une connivence, une complicité avec le lecteur, comme pour mieux l’attirer dans l’image et l’inviter à les suivre dans l’histoire.

Il en va de même pour le Géant de Zéralda, l’ogre un grand couteau à la main regarde le lecteur d’un sourire ambigüe mi rieur mi grimaçant, mais la petite fille assise sur ses genoux n’a pas peur, elle lui sourit même. Cette technique de prise à témoin par le regard est nouvelle dans les années 50/60 et induit une dimension satirique qui lui permet de dénoncer les travers de la nature humaine, et à la manière de son grand maître Guillaume Doré aussi de revisiter les contes.

En 1998, il avait obtenu le prix Hans Christian Andersen, mention illustrateur, la plus haute distinction pour un auteur de livres jeunesse.

Son œuvre dépasse largement le cadre de l’illustration jeunesse puisqu’il a aussi fait des collages, de la sculpture, du design architectural et est l’auteur d’essais philosophiques, de nouvelles, de satires socio-politiques.

Une grande partie de son œuvre est exposée au musée de Strasbourg et deux expositions  auront lieu au printemps à Paris.

Il s’est éteint le 9 février à Cork en Irlande où il vivait depuis plusieurs années.

Janie Coitit-Godfrey

Colloque « La pauvreté à l’œuvre dans la littérature pour la jeunesse « 

Colloque « La pauvreté à l’œuvre dans la littérature pour la jeunesse « 

Il reste des places n’hésitez pas à vous inscrire !!

Le CRILJ organise les vendredi 8 février et samedi 9 février 2019 un colloque au sein de la bibliothèque Marguerite Duras à Paris. Ces rencontres auront pour thème , La pauvreté à l’œuvre dans la littérature pour la jeunesse .

Lien vers le site du CRILJ

Vous trouverez sur ce lien, le programme de la journée.

©Affiches réalisées par Gilles Rapaport

Revue, « Littératures jeunesse et inégalités sociales »