Toni Morrison (18 février 1931- 5 août 2019)

Toni Morrison (18 février 1931- 5 août 2019)

Toni Morrison est décédée dans la nuit du 5 au 6 août 2019 à l’âge de 88 ans. Romancière, dramaturge, essayiste, éditrice, elle est une grande figure de la littérature américaine.  Elle a aussi été professeure à l’université de New York et de Princeton.

Bien que déjà très connue aux Etats-Unis, c’est son roman  Beloved  publié en 1988 dans lequel elle raconte l’histoire de Sethe jeune esclave noire hantée par le souvenir de sa fille qu’elle tua pour lui éviter sa condition d’esclave qui l’a rendue célèbre et pour lequel elle sera lauréate du prix Pulitzer. Elle obtient le prix Nobel de littérature en 1993 pour l’ensemble de son œuvre. C’est son style qui frappe à la lecture de son oeuvre avec des techniques narratives très inventives qui multiplient les points de vues sur la réalité et entraine le récit dans des contrées magiques au carrefour de la culture populaire et de l’oralité.

 

Il n’est donc pas étonnant qu’elle ait aussi investi ses talents de conteuse en s’adressant aux enfants. De 1999 à 2014 elle écrit 6 livres pour enfants – dont certains co-écrits avec son fils Slade. Quatre seront traduits en français :

 

A ton avis la cigale ou la fourmi?, L’Ecole des Loisirs, 2011(La fable de La Fontaine revisitée

Tout ce qu’il faut savoir sur les méchants ! Milan Jeunesse, 2007 (Comment reconnaître les méchants derrière les apparence

À ton avis : Le Viel Homme ou le Serpent ?, Casterman, 2004 (La fable d’Esope : Le laboureur et le serpent revisité)

Ma liberté à moi,  Gallimard, 2003 (Une histoire très poétique sur la liberté et l’indépendance)

 

Bien que femme noire écrivant sur les difficultés sociales des noirs dans une société pensée par des blancs, bien que la plupart de ses héroïnes soient des femmes martyrisées, Toni Morrison a toujours refusé d’être considérée comme écrivaine ‘noire féministe’.

Loin des communautarismes et des étiquettes on gardera l’image d’une écrivaine éprise de liberté et révoltée contre toute idée d’identité figée.

 

      

Tomi Ungerer  (1931-2019)

Tomi Ungerer (1931-2019)

Le grand Tomi Ungerer nous a quittés.

Originaire d’Alsace, après une jeunesse globe-trotter, il avait commencé dans les années 50 sa carrière de dessinateur dans la publicité aux Etats-Unis et travaillé pour des médias aussi célèbres que The New York Times, Life Magazine ou Esquire. Parallèlement à sa carrière de publicitaire et d’affichiste, il a illustré pas moins de 80 albums pour enfants en 10 ans aux éditions Harper & Row.

Tout le monde se souvient des Trois Brigands (1961) ou du Géant de Zéralda (1967) et de bien d’autres…

Son style d’illustration très influencé par les techniques publicitaires, sait par les graphismes, accrocher le lecteur avec des formes simples et des couleurs contrastées, qui ont toutes une valeur symbolique, le bleu glaçant, le rouge sang. L’humour est aussi toujours présent à travers le regard. A moitié cachés sous leurs capes et hauts chapeaux de feutre noirs les yeux des 3 brigands jouent à faire peur plus qu’ils ne font vraiment peur, ils font même rire… car ils créent une connivence, une complicité avec le lecteur, comme pour mieux l’attirer dans l’image et l’inviter à les suivre dans l’histoire.

Il en va de même pour le Géant de Zéralda, l’ogre un grand couteau à la main regarde le lecteur d’un sourire ambigüe mi rieur mi grimaçant, mais la petite fille assise sur ses genoux n’a pas peur, elle lui sourit même. Cette technique de prise à témoin par le regard est nouvelle dans les années 50/60 et induit une dimension satirique qui lui permet de dénoncer les travers de la nature humaine, et à la manière de son grand maître Guillaume Doré aussi de revisiter les contes.

En 1998, il avait obtenu le prix Hans Christian Andersen, mention illustrateur, la plus haute distinction pour un auteur de livres jeunesse.

Son œuvre dépasse largement le cadre de l’illustration jeunesse puisqu’il a aussi fait des collages, de la sculpture, du design architectural et est l’auteur d’essais philosophiques, de nouvelles, de satires socio-politiques.

Une grande partie de son œuvre est exposée au musée de Strasbourg et deux expositions  auront lieu au printemps à Paris.

Il s’est éteint le 9 février à Cork en Irlande où il vivait depuis plusieurs années.

Janie Coitit-Godfrey

Colloque « La pauvreté à l’œuvre dans la littérature pour la jeunesse « 

Colloque « La pauvreté à l’œuvre dans la littérature pour la jeunesse « 

Il reste des places n’hésitez pas à vous inscrire !!

Le CRILJ organise les vendredi 8 février et samedi 9 février 2019 un colloque au sein de la bibliothèque Marguerite Duras à Paris. Ces rencontres auront pour thème , La pauvreté à l’œuvre dans la littérature pour la jeunesse .

Lien vers le site du CRILJ

Vous trouverez sur ce lien, le programme de la journée.

©Affiches réalisées par Gilles Rapaport

Revue, « Littératures jeunesse et inégalités sociales »

 

John Burningham (1936-2019)

John Burningham (1936-2019)

John Burningham, one of the most famous English children’s author and illustrator of the 20th century has died recently at the age of 82.

He was married to no less famous writer and illustrator Helen Oxenbury and contributed to around 60 picture books, all loved by generations of children. His most famous works include : Borka: The Adventures of a Goose With No Feathers, and Mr Gumpy’s Outing which both won the Kate Greenaway medal in 1963 and 1970, but also Avocado Baby,  Granpa and many others translated in several languages.

His art as an illustrator described by Maurice Sendak as « visual poetry » is always based on a profound respect of the child whatever his age, encouraging his imagination to fill in the gaps between words and picture. Hence the weaving of his stories based on adressing children directly, never speaking down to them : “I would say that they know one’s on their side,” (…) “Children are not less intelligent, they’re just less experienced, and there is a rather silly attitude that can be adopted, that ‘Oh it’s for children, it’s got to be pink coloured cakes or lots of pattern everywhere, that’s what they’ll like’, and they’re bored. And if they don’t like it they simply won’t look at it.” he said.

It is thanks to the delicate work of his line and colour that he creates complicity and dialogue with the reader.

Janie Coitit-Godfrey

 

 

 

Prévert en gilet jaune…

Prévert en gilet jaune…

Nos cheminées sont vides 
Nos poches retournées 
Ohé ohé ohé
Nos cheminées son vides 
Nos souliers sont percés
Ohé ohé ohé 
écrivait Jacques Prévert dans le poème « Noël des Ramasseurs de neige ».
L’éditeur Rue du Monde en a fait un bel album illustré par Nathalie Novi en 2012.
Proposé par l’éditeur, nous vous montrons ici le pdf de cet album ( ici)  afin de mettre en avant ce livre fort pour permettre aux familles de discuter ensemble de l’actualité sociale… et des rêves du poète.

 

Claudine Charamnac Stupar