Plein gris

Plein gris

Un huis clos maritime palpitant et cauchemardesque !

 

Clarence flotte dans l’eau sans vie.  Elise, Victor, Sam et Emma sont sous le choc. Ils remontent le corps à bord. Mais, pas le temps de s’apitoyer, ni réfléchir à ce qu’il s’est passé, il faut vite se préparer à affronter la tempête qui va bientôt s’abattre sur leur bateau. Ils sont trop loin des côtes, aucun secours n’est possible, ils vont devoir se débrouiller seuls. Ils n’ont que 17 ans…et Clarence était leur leader.

Tout le long du roman, le récit balance entre leur combat pour survivre dans des eaux déchainées et les souvenirs de cette amitié fusionnelle.

 

Encore un roman de Marion Brunet dune grande puissance. L’autrice nous propose toujours des histoires fortes, qui bouleversent et qui nous laissent pantois à la fin. Un roman quon ne lâche pas !

 

Je vous recommande aussi Sans foi ni loi (Pépite d’or du Salon de Montreuil en 2019), un roman du Far West avec un beau portrait de femme libre.

 

 

Julie Balland

Marion Brunet – Plein Gris

Pocket Jeunesse, 2021,9782266305709, 16€90, à partir de 14/15 ans.

Attention au Grizzli virus ! – Un album drôle pour 5 ans et plus.

Attention au Grizzli virus ! – Un album drôle pour 5 ans et plus.

Emilie Chazerand, Amandine Piu- Grizzli virus

L’élan vert, 2019, 12,70€  -9782844555205. Album 5ans et plus

Déjà, elle se nomme Léonie Bisette…et elle est minuscule avec une bouille rousse sous son bonnet à gros pompon…et elle éternue tout le temps. Bon, les allergies, et les rhumes, c’est banal, mais Léonie éternue…des grizzlis ! « Elle a déjà éternué au moins trois zoos ! » Voyez le ton.  Mais moins drôle, la voilà employée, que dis-je, esclave d’un abominable mercantile qui l’enrhume méthodiquement pour qu’elle produise à la chaine des grizzlis qu’il vend fort cher, ayant créé un engouement pour les grizzlis domestiques. Il se trouve toujours quelqu’un pour exploiter les misères ! A force de bains de glaçons et autres maltraitances, Léonie « s’auto-immunise » enfin ! plus de grizzlis et fin de Jean Félix Larnac.  Epilogue: Léonie, virée, pleure… des crocodiles, mais c’est une autre histoire.

Antérieur au « pangolin virus covid 19 », voilà donc l’histoire d’un grizzli virus 19 : ap/paru en effet en janvier 19, il avait échappé à nos radars, à notre attention et nous reconnaissons la faute dans ce retard à avertir nos lecteurs, espérons qu’il ne sera pas trop tard…pour lire cet album aux dessins très amusants et qui immunise contre la cupidité et les arnaqueurs en tous genres. Jamais trop tôt.

Claudine Charamnac Stupar

 

Le garçon au fond de la classe

Le garçon au fond de la classe

Alexa est une jeune écolière anglaise de neuf ans, qui a un jour un nouveau camarade dans sa classe, ce qui l’intrigue c’est qu’il ne parle pas, et ne passe pas les moments de pauses avec eux. En fait, ce nouveau camarade, Ahmet est un réfugié syrien. Malgré la barrière de la langue, Alexa veut devenir l’amie de ce jeune homme, et ainsi mieux comprendre ce qu’il a vécu et la différence entre leurs enfances. En confiance, Ahmet va se livrer à sa classe mais surtout à Alexa, lui expliquant sa longue traversée à pied et à bateau, la séparation avec ses parents et la perte de sa petite sœur. Alexa et son groupe d’amis vont donc tout faire pour que leur ami retrouve ses parents, et que tous trouvent refuge en Angleterre. Il leur vient alors une idée folle, écrire à la reine pour qu’elle laisse ouverte les frontières et que les familles se retrouvent. Ayant aucun retour, Alexa décide d’aller à Buckingham, elle déclenche un incident en courant vers les gardes pendant la relève de celle-ci. Cela va faire connaitre la cas d’Ahmet dans toute l’Angleterre. Roman pour les plus jeune qui se finit par une happy end.
L’innocence de l’enfance permet de passer outre l’ignorance ou la méfiance des adultes. Les mots parfois durs de la guerre, du racisme sont bien expliqués par la mère de l’héroïne qui parfois hésite malgré tout devant les atrocités commises par l’humanité. La jeune fille comme le lecteur va apprendre au fil de son aventure, que la générosité est un trait de famille. Sa grand-mère paternelle, juive polonaise à fuit devant les nazis et a risqué sa vie pour sauver d’autres personnes juives comme elle. Le roman fait ainsi le lien entre l’histoire tragique de la seconde guerre mondiale et celle tout aussi tragique des conflits modernes.

A lire aussi le numéro de NVL sur les réfugiés cf. N°210

Maylis Cormont

Onjali Q. Rauf / trad. Marie Leymarie (angl.) / ill. Pippa Curnick – Le garçon au fond de la classe
Gallimard, 2019. 15,90€, 9782075123105, dès 8 ans.
Mots-clés : Roman, amitié, réfugiés, Angleterre, Histoire, différence, racisme

Jungle

Jungle

Une promenade dans la jungle équatoriale semée d’images belles et mystérieuses, enrichie d’un vocabulaire choisi pour créer une ambiance sonore, odorante et vibrante. Il n’y a pas vraiment d’histoire, ce serait plutôt un documentaire destiné à initier les jeunes lecteurs à la richesse de la forêt d’Amérique du Sud dont l’extermination menace la survie de notre planète. Sur un fond crème viennent s’incruster des lithographies rehaussées de couleurs. On devine la faune et la flore, on scrute derrière le trait. Cet ouvrage est une œuvre d’art, l’enfant est invité à découvrir un travail d’artiste. Le texte a toute sa place, avec des mots clairs et choisis, empreints de poésie.

Sophie Ducharme

 

Hélène Borten – Jungle

La Martinière Jeunesse, 2018. 14,90€. De 9 à 99 ans.

Mots clé : Album jeunesse, jungle, documentaire, œuvre d’art, poésie

The Effigies – T3 – Lueur dans l’obscurité

The Effigies – T3 – Lueur dans l’obscurité

Le dernier tome d’une série pleine de magie et de surnaturel

Les Effigies sont des jeunes filles choisies par les Eléments ; elles détiennent le pouvoir de celui-ci, eau, feu, air… Lorsque l’une d’entre elles meurt, son héritière est choisie dans le monde entier. C’est un cercle sans fin car elles protègent le monde des spectres, des monstres fantomatiques. Maia comme les autres Effigies est en plein doute alors que Belle, l’Effigie de l’eau, a rejoint Saul, l’ennemi. Ce dernier reste hanté par le souvenir de ceux qui l’ont précédé, capables de tout pour revenir à la vie après deux siècles d’errance. Tous veulent la même chose, la pierre originelle capable grâce à un sacrifice, d’exaucer un vœu. Evidemment malgré nombre de péripéties, Maia va survivre et tout finira bien dans le meilleur des mondes.

Ce roman clôt la série – il est donc important. Cependant la plupart des péripéties prennent plus de place qu’il ne le faudrait. Les séances de divination sont intéressantes mais semblent parfois mises là faute d’intérêt réel. Certes elles servent à dérouler le fil de l’énigme mais le lecteur pouvait se douter de cette fin. La présence d’expérience de mort imminente permet de faire un clin d’œil à la nouvelle série de Lumen, Vicious.

Maylis Cormont

 

Sarah Raughley/ trad. JB Bernet, C. Morzelle, M. Kempf – The Effigies – T3 – Lueur dans l’obscurité

Lumen, 2019. 16€ , 9782371022010, dès 14 ans.

roman, fantastique, magie,amitié, girl power.

En peu de mots, un abécédaire

En peu de mots, un abécédaire

A chaque lettre, son histoire

Le talent d’Isol a été récompensé en 2013 du Astrid Lindgren Memorial Award prix prestigieux. Chaque lettre appelle une histoire sans être  guidée par la forme mais plutôt par un lien mystérieux qu’explicite l’illustration. Ainsi le A  s’accompagne d’une pleine page représentant un enfant les yeux baissés vers ses mains qui tiennent un oiseau. La palette de couleurs est limitée : corps du garçonnet en noir,  œil bleu, bras jaunes, oiseau rouge. Saisissant d’expressivité.  La lettre déclinée dans ses différentes formes tient dans un cartel vertical : minuscule et majuscule d’imprimerie, minuscule et majuscule cursive. C’est astucieux, l’enfant en apprentissage étant amené à les rencontrer. Une phase page de droite : «  ça arrive, tu sais ». Remarquable d’implicite… Une ouverture à l’interrogation, à l’échange avec l’enfant. Chaque lettre est une surprise liée aux émotions, aux actions de tous les jours. Ainsi cette superbe saynète où l’on voie un oisillon, ailes repliées, regard baissé devant un plus grand, plus fort et qui dit.  : « je regrette ce que j’ai dit »…. Nous sommes à la lettre R. Original, pertinent, profond car très humain.

Bernadette Poulou

Isol- En peu de mots, un abécédaire
Syros, 2017, 15,50€ – 9782748524208. A partir de 4 ans
Album, abécédaire, émotions, graphisme