Tomi Ungerer  (1931-2019)

Tomi Ungerer (1931-2019)

Le grand Tomi Ungerer nous a quittés.

Originaire d’Alsace, après une jeunesse globe-trotter, il avait commencé dans les années 50 sa carrière de dessinateur dans la publicité aux Etats-Unis et travaillé pour des médias aussi célèbres que The New York Times, Life Magazine ou Esquire. Parallèlement à sa carrière de publicitaire et d’affichiste, il a illustré pas moins de 80 albums pour enfants en 10 ans aux éditions Harper & Row.

Tout le monde se souvient des Trois Brigands (1961) ou du Géant de Zéralda (1967) et de bien d’autres…

Son style d’illustration très influencé par les techniques publicitaires, sait par les graphismes, accrocher le lecteur avec des formes simples et des couleurs contrastées, qui ont toutes une valeur symbolique, le bleu glaçant, le rouge sang. L’humour est aussi toujours présent à travers le regard. A moitié cachés sous leurs capes et hauts chapeaux de feutre noirs les yeux des 3 brigands jouent à faire peur plus qu’ils ne font vraiment peur, ils font même rire… car ils créent une connivence, une complicité avec le lecteur, comme pour mieux l’attirer dans l’image et l’inviter à les suivre dans l’histoire.

Il en va de même pour le Géant de Zéralda, l’ogre un grand couteau à la main regarde le lecteur d’un sourire ambigüe mi rieur mi grimaçant, mais la petite fille assise sur ses genoux n’a pas peur, elle lui sourit même. Cette technique de prise à témoin par le regard est nouvelle dans les années 50/60 et induit une dimension satirique qui lui permet de dénoncer les travers de la nature humaine, et à la manière de son grand maître Guillaume Doré aussi de revisiter les contes.

En 1998, il avait obtenu le prix Hans Christian Andersen, mention illustrateur, la plus haute distinction pour un auteur de livres jeunesse.

Son œuvre dépasse largement le cadre de l’illustration jeunesse puisqu’il a aussi fait des collages, de la sculpture, du design architectural et est l’auteur d’essais philosophiques, de nouvelles, de satires socio-politiques.

Une grande partie de son œuvre est exposée au musée de Strasbourg et deux expositions  auront lieu au printemps à Paris.

Il s’est éteint le 9 février à Cork en Irlande où il vivait depuis plusieurs années.

Janie Coitit-Godfrey

Colloque « La pauvreté à l’œuvre dans la littérature pour la jeunesse « 

Colloque « La pauvreté à l’œuvre dans la littérature pour la jeunesse « 

Il reste des places n’hésitez pas à vous inscrire !!

Le CRILJ organise les vendredi 8 février et samedi 9 février 2019 un colloque au sein de la bibliothèque Marguerite Duras à Paris. Ces rencontres auront pour thème , La pauvreté à l’œuvre dans la littérature pour la jeunesse .

Lien vers le site du CRILJ

Vous trouverez sur ce lien, le programme de la journée.

©Affiches réalisées par Gilles Rapaport

Revue, « Littératures jeunesse et inégalités sociales »

 

John Burningham (1936-2019)

John Burningham (1936-2019)

John Burningham, one of the most famous English children’s author and illustrator of the 20th century has died recently at the age of 82.

He was married to no less famous writer and illustrator Helen Oxenbury and contributed to around 60 picture books, all loved by generations of children. His most famous works include : Borka: The Adventures of a Goose With No Feathers, and Mr Gumpy’s Outing which both won the Kate Greenaway medal in 1963 and 1970, but also Avocado Baby,  Granpa and many others translated in several languages.

His art as an illustrator described by Maurice Sendak as « visual poetry » is always based on a profound respect of the child whatever his age, encouraging his imagination to fill in the gaps between words and picture. Hence the weaving of his stories based on adressing children directly, never speaking down to them : “I would say that they know one’s on their side,” (…) “Children are not less intelligent, they’re just less experienced, and there is a rather silly attitude that can be adopted, that ‘Oh it’s for children, it’s got to be pink coloured cakes or lots of pattern everywhere, that’s what they’ll like’, and they’re bored. And if they don’t like it they simply won’t look at it.” he said.

It is thanks to the delicate work of his line and colour that he creates complicity and dialogue with the reader.

Janie Coitit-Godfrey

 

 

 

Un chant de Noël

Un chant de Noël

Noël, période enchantée pour les enfants et aussi pour les parents.

Lors du sondage effectué il y a quelques mois sur Facebook, un seul ouvrage est digne de passer Noël avec vous, Un chant de Noel (A Christmas Carol, en VO). Cette nouvelle de Charles Dickens apparaît en France en 1857, elle est publiée sous de nombreux titres mais on gardera un chant de Noel, titre le plus connu.

L’histoire est simple, la veille de Noel, Ebenezer Scrooge qui déteste cette fête, refuse tout ce qui est gai pendant cette période, chant de noël, décorations… Effrayant patron, il consent bien faiblement à donner un jour de repos le 25 décembre à son employé. Tant de méchanceté ne peut survivre en cette période joyeuse. Revient alors à la vie, sous forme de fantôme son ancien associé Jacob Marley mort depuis sept ans. Le vieux patron doit changer de comportement sinon il sera condamné à l’enfer de l’éternité.

Ebenezer reçoit alors la visite de trois esprits, celui des temps passés, celui du temps présent et celui des temps à venir. Ainsi le retour dans son enfance, permet de comprendre qu’il était bien seul lors des nuits de Noel dans son pensionnat. Il revoit aussi les temps joyeux mais aussi plus malheureux qui ont forgé cet homme devenu acariâtre. Perturbé par cette première rencontre, il guette l’arrivée d’un autre fantôme. Celui-ci se trouve auprès du feu, juché sur une corne d’abondance. Il mène Mr Scrooge à travers les rues pour arriver devant chez son employé, Mr Cratchit, qui vit chichement mais heureux au cœur de sa famille. Le troisième fantôme, montre à Ebenezer son avenir, détesté de tous, sa mort n’émeut personne surtout pas la famille Cratchit qui pleure la mort de l’un des leurs.Le vieil homme ayant compris ses défauts, accepte de se joindre à l’ambiance joyeuse de noël, il fait la charité, il va à la messe et chez son neveu. Le lendemain, pour remercier son employé, il le gratifie d’une prime et tous deux partagent un breuvage.

                Ce texte éminemment religieux permet de comprendre ce que représente Noël et qu’une telle fête doit être partagée, comme le bonheur qu’elle procure.Cette histoire reflète aussi son temps, l’ère victorienne maintient la hiérarchisation de la société et sa ferveur religieuse.

Noel approchant maintenant à grand pas, les enfants surexcités vont etre durs à canaliser, si la lecture de la nouvelle ne les enchante pas. Les différentes chaines de télé dans leurs horaires destinés à la jeunesse vont promouvoir cette histoire grâce à des adaptations. J’en ai retenu trois,Le noël de Mickey de 1983, Le noël des Looney Tunes de 2006 et Le Drôle de Noel de Scrooge de 2009.

Ces trois histoires adaptent A Christmas Carol, pour le plus ancien et le plus récent, l’univers est le même et l’époque aussi. Le film en motion capture sorti en 2009 reflète parfaitement ce que l’on peut s’imaginer en lisant le livre de Dickens. La version avec Mickey permet aux enfants d’accéder à cette histoire grâce à des personnages qui leur sont familiée. Celle des Looney Tunes est intégrée dans notre époque, Daffy Duck est le patron d’un supermarché prospère. Patron de plusieurs employés, les traite tous mal et refuse d’augmenter les petites mains de son magasin. Comme Scrooge, le retour à la réalité est bénéfique, il va offrir des cadeaux à tous et s’excuser de son comportement.

Cette histoire intemporelle marque grâce à ces adaptations de plus en plus d’enfants  qui craignent de devenir comme lui et ainsi d’être considérés comme méchants par le Père Noel.

Pour ma part, le meilleur roman de Noel reste Harry Potter à l’école des sorciers de J.K. Rowling, premier ouvrage d’une série qui nous transporte dans un monde merveilleux et fantastique.

Bonnes fêtes de fin d’année