Corps de fille

Corps de fille

Un roman sur une adolescente en pleine construction…

…face aux autres et à son nouveau corps, cet été-là tout change. Agathe, 14 ans, est élevée par une mère célibataire peu présente mais peut compter sur son voisin et meilleur ami, Sofiane qui l’épaule depuis le plus jeune âge. Cette relation fusionnelle  se relâche lorsque celui-ci tombe amoureux d’une jeune fille et la délaisse. Agathe se sent de plus en plus agressée dans ce monde d’hommes, et trouve refuge dans la boxe, terre de liberté, où elle s’abandonne face au sac et se construit. Ces temps de liberté vont lui permettre de s’affirmer et de prendre confiance en elle. Proie certes mais elle sort les griffes dès qu’on l’approche, un jeune homme en fera l’expérience.

Livre qui semble genré et pourtant, peut et doit être lu par tous, pour que les comportements évoluent.

Maylis Cormont

  1. Marie Lenne-Fouquet – Corps de fille

Talents hauts, coll. Ego, 2021, 8€, 9782362664120. 13 ans et plus.

Moi, Polyphème, cyclope

Moi, Polyphème, cyclope

Roman sur le mythe de Polyphème

Comme dans les autres romans de la collection, Polyphème est le narrateur de l’ouvrage. Il raconte sa vie de berger répétitive mais appréciable. Ses habitudes l’apaisent. Cette routine est mise à mal par l’arrivée d’un bateau grec, celui d’Ulysse qui navigue vers Ithaque après la guerre de Troie. Tout s’accélère, les hommes pillent la grotte du géant et tentent de le duper.  Un peu naïf, le cyclope leur fait confiance, il n’aurait pas dû, Ulysse l’aveugle lui crevant son seul œil, et ruse pour échapper à la rage du cyclope qui demandera à son père Poséidon de le venger.

Contrairement à d’autres romans de cette collection que j’ai pu lire, le passage à la première personne ne me semble pas apporter grand-chose.

Maylis Cormont

  1. Sylvie Baussier – Moi, Polyphème, cyclope

Scrinéo, coll. Scrinéo mythologie, 2021, 10,90€, 9782367409191. Dès 10 ans.

 

Escale du livre 2021

Escale du livre 2021

Malheureusement en cette année si particulière, l’escale du livre normalement située à Bordeaux, s’est dématérialisée comme tant de festivals.

Cette année nous devions y participer, nous vous donnons ainsi avec l’accord de l’Escale du livre, l’accès aux vidéos de ces échanges.

Rencontre avec Muriel Szac : https://www.youtube.com/watch?v=QZfs6nAm0yY

Portrait d’éditeur : NVL la revue https://www.youtube.com/watch?v=hHaehG-4IPE

Bouzouk, l’inventivité verbale dans un Moyen-Age de fantasy

Bouzouk, l’inventivité verbale dans un Moyen-Age de fantasy

Gérard Moncomble/ illustr. MazanLa saga d’Achille Bouzouk.

Les Mange-Mémoire, tome 1.

Les fantômes d’Aham, tome 2.

La balade du Trouvamour, tome 3.

Dans les griffes de Ggrok, tome 4.

Editions Casterman. 2000, 2001. Épuisé, disponible en bibliothèque ou chez l’auteur. À partir de 10 ans.

mots-clés : Moyen Âge, fantasy, grimoires, jeux de mots, souvenirs

Maudit soit le voyageur égaré qui tombe entre les griffes de Mmandragore ! Car elle dévore sa mémoire jusqu’au moindre souvenir, avant de la recracher dans ses grimoires. Quatre, précisément, qui seront revendus au plus offrant.
Mais la dernière victime de Mmandragore se rebelle. Rester amnésique ? Plutôt crevailler, par Zout ! Ce jeune homme fougueux s’invente même un nom : Bouzouk ! Un Bouzouk qui entend bien retrouver ses quatre grimoires et savoir qui il est, en vérité.

En 2000, Gérard Moncomble, auteur prolifique pour la jeunesse (entre autres de Manon) proposait la série Bouzouk composée de quatre tomes.

Magnifiquement illustrée par Mazan (pour la collection chez Casterman malheureusement épuisée) qui propose des illustrations noir & blanc au crayon, La saga d’Achille Bouzouk mélange habilement récit merveilleux, fable humoristique avec parfois l’introduction de bulles de BD.

La saga est d’une grande inventivité, bourrée d’humour et de références qui redessinent le roman médiéval pour enfants. Moncomble a inventé tout un vocabulaire. Ainsi, on achète des choses avec des ducons et ceux à qui on a « mangé » la mémoire sont des Gogols : tous les codes du roman médiéval sont respectés avec un détournement des plus modernes. Car l’auteur, derrière un humour très décalé et une intrigue un peu folle, parle de sujets forts, notamment la quête d’identité et l’importance des souvenirs. Si Bouzouk a perdu la mémoire, il est fort probable que les souvenirs qu’il se crée en tentant de la retrouver, façonnent qui il est réellement. Ainsi, l’auteur, tout en se plaçant dans une arène médiévale (le passé), rappelle aux jeunes lecteurs l’importance de s’ancrer dans un présent et d’envisager son futur en choisissant soi-même sa destinée.

Les jeux de mots, sous-entendus, calembours et autres contrepèteries donnent au roman un rythme particulier transformant la lecture plaisir en plaisir des mots. Il faudra parfois creuser les références :  le nom même du héros n’est pas sans rappeler le bachibouzouk qui en turc signifie « sa tête ne fonctionne pas »…

Derrière cet effet délirant, l’intrigue est tout à fait cohérente et reprend les codes d’une quête initiatique d’un petit héros sans-peur à qui on a « chouravé » la mémoire. Si Lobel est le magicien des couleurs, Moncomble est sans aucun doute celui des mots !

Marie Barras

A paraître: « Défense et illustration de la littérature jeunesse »- NVL 226 – Décembre 2020

A paraître: « Défense et illustration de la littérature jeunesse »- NVL 226 – Décembre 2020

Clôturant les thématiques littéraires de  l’année 2020 par une allusion à La Pléiade, Défense et Illustration de la littérature jeunesse est un N° spécial de 108 pages qui s’attaque à la question de la reconnaissance  de la LEJ  qui malgré l’apparent triomphe économique ou  la légitimation universitaire, pâtit du manque de considération accordé à une sous-littérature. Les voix diverses convergent vers deux interrogations majeures et faussement simples : en quoi la littérature jeunesse est -elle littéraire ?  qu’est-ce que le lecteur de cette littérature dite jeunesse ?