Lectures supplémentaires « Des usages des imagiers »

3.Martin Jarrie – Imagier du vivant
Seuil jeunesse, oct 2020, 15,50€ – 9791023513394. Pour tous
Mots clés : imagier, vivant, animaux, végétaux, réalisme

Pour tous, ce grand imagier est d’abord un beau livre, livre d’art à contempler les peintures de Martin Jarrie fascinantes par leur hyperréalisme, leur perfection mais aussi une patte /et une pâte, artisanales, qui donnent à sentir le velouté de l’abricot ou l’épaisseur de la laine du mouton. Animaux ou végétaux représentés sont ceux de la ferme, de l’enfance, dit Jarrie. La double page joue sur la double vue externe/interne ( la noix et son intérieur), sur des liens métonymiques (lapin/carotte, tulipe/oignon), ou parfois de subtiles comparaisons de couleur (par exemple l’écureuil et le potimarron). Ce côté ludique plaira aux plus jeunes quand les grands ne resteront pas insensibles à une forme de nostalgie. CCS

4.Elisabeth Brami /ill. Chloé du Colombier- Mimimagier
Casterman, 2020, 13,90€, 9782203208322. Pour les bébés

Un imagier éducatif qui lie gestuelle et sons Très intéressant, ce mini-imagier ! très « mimi » aussi par ses dessins simples
et vraiment charmants mais le mimi du titre fait référence à des mimiques, soit une gestuelle élémentaire que le bébé va associer à un mot ou son comme allo, beurk, coucou ou bravo, mots que prononcera l’adulte. Remarquable cette entrée dans le langage et la communication qui s’appuie aussi sur un premier usage du livre ! CCS

5.Didier Lévy /ill. Elis Wilk – Qui cache qui ? Bestiaire farceur
Rue du monde, 2020, 15,50€ -9782355046391. Dès 3 ans

Un imagier farceur !

Quel album original et gai ! Un bestiaire ? d’accord, on connait… Les animaux y sont juste tracés sur un blanc pur avec des traits multicolores qui les font vibrer, on aime ! Mais quand on découvre -comme le fera l’enfant que le mot censé nommer la bête ne correspond pas à l’image, on s’étonne, on veut comprendre … et on rit.
Ainsi, le texte s’intitule Le renard quand l’image montre un ours !? explication : « Le renard est très malin, sauf quand un ours s’assoit sur lui. Et là, il est surtout très… raplati. » !! Ainsi, la grenouille a pour dessin un corbeau ? celui-ci a confondu croasser et coasser « mais merci quand même pour ta visite », on adooore ! CCS

4.Marian Ruiz Johnson – Boum ! le grand imagier des onomatopées
Rue du monde, 2020, 16€ – 9782355046292

Imagier des bruits familiers

Bien différent, cet imagier de Rue du Monde qui prétend imager des bruits ! Images en situation, complexes, d’une vie de famille dans lesquels les bruits sont associés à une activité : tant le ronron du chat que le pschitt de maman qui se parfume ! Il y ainsi une suite qui rend le livre agréable à observer. Le plus intéressant est que cet album en fait est un apprentissage des codes et conventions de la représentation (tic tac, boum, slurp), ce qu’on trouvera à lire ensuite en BD ou tout autre littérature bien française où les chiens font waf waf, les pompiers pin pon et les téléphones bla bla bla…CCS

Imagiers à gogo

Martin Jarrie, Imagier du vivant

Seuil jeunesse, oct 2020, 15,50€  – 9791023513394. Pour tous

Pour tous, ce grand imagier est d’abord un beau livre, livre d’art,  à contempler les peintures de Martin Jarrie fascinantes par leur hyperréalisme, leur perfection mais aussi une patte /et une pâte artisanales  qui donnent  à sentir le velouté de l’abricot ou l’épaisseur de la laine du mouton. Animaux ou  végétaux représentés sont ceux de la ferme, de l’enfance  dit Jarrie. La double page joue sur la double vue externe/interne, la noix et son intérieur, sur des liens métonymiques (lapin/carotte, tulipe/oignon), ou parfois de subtiles comparaisons de couleur par exemple l’écureuil et le potimarron. Ce côté ludique plaira aux plus jeunes quand les grands ne resteront pas insensibles à une forme de nostalgie.

 

Elisabeth Brami, Chloé du Colombier- Mimimagier

Casterman, 2020, 13,90€, 9782203208322 Pour les bébés

Très intéressant, ce mini-imagier ! très mimi, aussi par ses dessins simples et vraiment charmants mais le mimi du titre fait référence à des mimiques, soit une gestuelle élémentaire que le bébé va associer à un mot ou son comme allo, beurk, coucou ou bravo, mots que prononcera l’adulte. Remarquable cette entrée dans le langage et la communication qui s’appuie aussi sur un premier usage du livre !

 

Marian Ruiz Johnson- Boum ! le grand imagier des onomatopées.

Rue du monde, 20209782355046292

Bien différent, cet imagier de Rue du Monde qui prétend imager des bruits !  Images en situation, complexes, d’une vie de famille dans lesquels les bruits sont associés à une activité : tant le ronron du chat que le pschitt de maman qui se parfume ! Il y ainsi une suite qui rend le livre agréable à observer. Le plus intéressant est que cet album  en fait est un apprentissage  des codes et conventions de la représentation (tic tac, boum,  slurp), ce qu’on trouvera à lire ensuite en BD ou tout autre littérature bien française  où  les chiens font waf waf, les pompiers pin pon et les téléphones bla bla bla.

Claudine Charamnac Stupar

 

Lectures en supplément N°224

Lectures en supplément N°224

5.Arnaud Tiercelin, Olympe Perrier – Pourquoi le soleil aime la soupe

Editions L’initiale, 2018, 12€ -9782917637500.Dès 4 ans

Mots clés : grandir, légumes, soupe, Terre, Neptune, soleil

C’est par le biais de l’humour et de questions drôles que peuvent parfois poser les enfants que cet album aborde la nécessité de manger des légumes, et surtout de la soupe, pour être en bonne santé. Qui fait pousser les légumes ? Pourquoi poussent-ils dans la terre ? Pourquoi grandit-on ? Pourquoi le soleil existe?Jeu de questions-réponses qui se mordent la queue:

– « papa pourquoi je dois manger de la soupe ?

– parce qu’elle va te faire grandir

– papa pourquoi on grandit ?

– parce qu’on a mangé des légumes… »

On tourne en rond pour en revenir toujours à l’objectif parental qui est de justifier…la soupe !!! C’est traité avec beaucoup d’humour. Dans les images, même les légumes s’y mettent, en vantant leurs qualités : « on hydrate ton corps ! on est riche en vitamines ! et en minéraux aussi ! » Des bols de soupes de tous les pays du monde sont un clin d’œil. Cet album est bien sûr destiné à faire réfléchir sur la nourriture saine et sur son origine. Et peut-être aussi pour répondre à certains enfants qui pensent que les carottes poussent en super marché !!! Très bon album !

Janie Coitit Godfrey

3 Tomi Ungerer – Juste à temps !

L’Ecole des loisirs, nov 2019, 18,80€ – 9782211303828- Pour les grands

Mots clés : album, fin du monde, humain, vivant, solitude, raison de vivre.

Album testament de Ungerer sur la fin du monde

C’est le dernier livre de Tomi Ungerer disparu en 2019, un album d’une grande tristesse.  Grave, malgré des images si créatives du maitre. Le monde est quasi mort, les humains sont partis sur la lune, tout est noir, hostile, déshumanisé, rues vides, labyrinthes, seuls circulent des chars d’assaut mangeurs de plastique… Vasco est-il le dernier humain ? Guidé par son ombre bienveillante, il échappe à quantité de catastrophes, juste à temps ! faut-il voir de l’espoir dans la répétition de ce «juste à temps ! » ou n’est-il là que pour souligner les péripéties ? Vasco sauve et recueille un petit être, ce lien donne un sens à leur errance solitaire mais que leur lieu final soit en forme de gâteau n’apporte guère d’optimisme à ce récit apocalyptique que seuls des adultes fans d’Ungerer apprécieront.

Claudine Charamnac Stupar

3 Christiane Lavaquerie, Laurence Paix-Rusterholtz- Qui suis-je ? Le déguisement dans l’art

Seuil jeunesse, 2019, 17€-9791023512564, dès 9 ans.

Mots Clés : documentaire, histoire, art, déguisement, mythes, rêves.

Beau livre qui permet une promenade mentale à travers le monde de l’art, de l’histoire, des mythes, et développe une attitude plutôt philosophique.  Par le déguisement, les auteurs nous entrainent de façon ambitieuse vers la découverte de grands personnages de l’histoire, dévoilant leur personnalité dans un discours raccourci. La découverte ne s’arrête pas là, on pénètre ainsi le monde des artistes depuis les temps reculés et jusqu’à Spiderman, Batman… On voit les stratagèmes multiples qui ont fondé la trame de nos références culturelles, on nous y enseigne aussi les caractères des pères fondateurs de la nation. Cela nous amène un regard plutôt philosophique qui, loin de l’adhésion, entraine le sens critique. L’ouvrage a de subtilités qui ne le mettent pas à la portée de tous les lecteurs mais quel que soit leur âge ou leur ouverture d’esprit, il y aura toujours quelque chose à prendre de ce parcours sophistiqué mais impressionnant, ne serait-ce que par le jeu des images fortes et des fiches attirant le regard vers tel ou tel détail dont on explique l’origine et la raison d’être. Dès neuf ans mais il faudra aider le lecteur à déambuler dans ce champ de « savoir ».

Paule Bloch

4 Brigitte Smadja ­– Le cabanon de l’oncle Jo

Ecole des loisirs, 2020 (1996) . 5,80€ – 9782211306218. Dès 9ans

Mots-clés : jardin, banlieu, famille, deuil, résilience, chômage

Une famille de la cité, face au chômage, découvre la résilience.

Faire d’une décharge au milieu de la cité un jardin, lieu de toutes les convivialités, voilà qui redonne espoir. C’est ce que Lili qui a perdu son père depuis peu, découvre auprès de l’oncle Jo. Prostré depuis qu’il a perdu son travail, oncle Jo retrouve goût à la vie en entreprenant de défricher, nettoyer, le terrain vague-décharge qu’encadrent les immeubles de la cité, pour en faire un jardin. Avec une cabane ! Lili s’enthousiasme, soutient l’oncle Jo et en oublie son chagrin. Ce jardin ne durera que 2 ans mais il a redonné du sens à tous ceux qui vont en profiter, de leur fenêtre ou pour les barbecues de l’oncle Jo sa famille et ses nombreux amis. Le bulldozer aplanira tout, mais l’espoir restera, car ici ou ailleurs « Un jour tu verras on en construira un autre. » L’élan qui donne la force d’entreprendre, de s’investir tout entier pour réaliser un rêve, riche de sens, ici, planter, accompagner et récolter enfin pour partager…Voilà la leçon de résilience, d’espoir que reçoit Lily. Chaud au cœur et bonne lecture avec cette réédition toujours actuelle et bienvenue.

Marie Dufon Roche

  1. Julie Légère et Elsa Whyte /ill. Laura Pérez – Secrets de sorcières

Martinière jeunesse, 2019. 18€, 9782732491547, dès 9 ans.

Documentaire, sorcières, femmes, Nature, pouvoir

Documentaire sur comment devenir une sorcière

Ce documentaire a l’ambition de faire surgir la sorcière cachée en chacune des lectrices, non pas comme les méchantes mais plutôt comme les bonnes, proche de la Nature, du vivant mais aussi de ses sentiments.  Le livre débute par l’histoire des sorcières de l’antiquité à nos jours, s’arrêtant sur des évènements ou des personnages clés. Il marque ainsi la mise en lumière de cette sorcellerie, art, qui n’a plus rien de maléfique. Le livre se termine avec des conseils et des astuces pour avancer dans cette quête intérieure. Fait d’autant plus étonnant que tout le texte est à la première personne, incluant la lectrice d’office dans une sorte de sororité avec les autrices et l’illustratrice. Documentaire fort intéressant à des milliard de kilomètres des idées reçues, et donc très bénéfique pour le lectorat.

Maylis Cormont

4 Emile Zola / ill. Mayalen Goust – Thérèse Raquin

L’Ecole des loisirs, Illustres classiques, 2020. 14€ – 9782211302241, 13 ans.

Mots clés : Roman illustré, policier, amour, remords

L’œuvre d’Emile Zola abrégée et illustrée

Thérèse, jeune orpheline, est recueillie par sa tante Mme Raquin et  grandit auprès de son cousin toujours malade. De plus en plus renfermée, elle fait ce que l’on attend d’elle. Devenus adultes, les cousins se marient. Au fil des années, Thérèse se lasse de ce mariage et prend un amant très différent de son mari. Tous deux décident de tuer son époux pour vivre leur passion. Ils mettent leur plan à exécution et finissent par se marier. Mais brisés par les remords, ils ne ressentiront plus pour l’autre que du dégout. La passion initiale laissera place à la violence, physique et morale. Ils finiront par se suicider, incapables de vivre avec le souvenir de leur acte. Quel plaisir de retrouver ce roman étudié au collège ! La collection ILLUSTRES CLASSIQUES confie ces textes célèbres à des illustrateurs actuels également renommés pour attirer de nouveaux lecteurs. Les remarquables images pleine page de M. Goust rendent le tragique de ces êtres tout comme la rue qu’ils habitent, morne, triste et verdâtre. Elles complètent parfaitement le texte, jalonnent la narration et amèneront peut-être les jeunes à entrer dans l’œuvre de cet écrivain naturaliste qui, par ses mots, crée déjà des images.

Maylis Cormont

4 Marie Leymarie – Never ever

Syros, 2019, 17,95 € – 9782748526424. 13-15 ans

Mots clés : Roman, amis d’enfance, adolescence, amour

Entrée dans l’âge adulte

L’auteur a trouvé le ton juste pour mettre en scène une bande d’adolescents amis d’enfance. Un lieu les réunit : les tours qu’ils habitent en plein Paris.  Vies familiales dont ils taisent parfois les secrets, parcours scolaires différents, mais ils sont unis comme savent le faire ces bandes qui se constituent dès la maternelle. Jusqu’au collège, ils ont grandi ensemble. L’adolescence avec ses découvertes, ses rêves d’ailleurs, ne les sépare pas. Il y a quelque chose de l’instinct grégaire dans leurs liens. D’ailleurs, ils se protègent les uns les autres : Natacha joue sur son sex-appeal pour cacher sa détresse et son besoin d’amour, Franck joue l’original pour cacher le drame familial. La pratique du théâtre va les lier davantage. L’écriture de ce roman frappe par sa justesse, par sa connaissance des relations d’amitié chez les ados. Le sens du dialogue, le rythme entrainent le lecteur.

Bernadette Poulou

5 Séverine Vidal – Soleil glacé

Robert Laffont, 2020. 16,50 – 9782221248522. A partir de 14/15 ans

Mots-clés : roman ado, handicap, relation frère/sœur, secret familial.

La renaissance d’une jeune femme au contact de son demi-frère handicapé

Luce est à terre. Elle vient de se faire larguer par sms par Tristan. Déjà remplacée dans son lit. Elle est tellement secouée que l’annonce du décès de son père ne lui fait ni chaud ni froid : elle n’avait plus trop de contact avec lui. Ses parents étaient séparés depuis longtemps, sa mère et sa compagne tenaient davantage de place dans sa vie. Le jour de l’enterrement, le secret de son père lui explose à la figure, elle comprend tout, ses promesses non tenues, son absence, etc. : il avait une double vie. Elle aperçoit une femme avec une petite fille et un jeune homme d’une vingtaine d’années, comme elle ! Avec ce dernier, c’est un coup de foudre fraternel ! Pierrot, gauche et maladroit. Handicapé. Un roman bouleversant sur cette relation en dents de scie entre Luce et Pierrot. Luce veut rattraper le temps avec ce frère, elle déboule bille en tête, avec sa fougue, son sarcasme, son inconscience et se heurte à Pierrot, ses tocs, ses manies, ses listes, ses crises, ses fuites. Explosif ! Mais ils vont apprendre à s’apprivoiser avec un projet complètement fou ! Une écriture sensible et tendre. Un beau portrait de femme en quête de sens…

Julie Balland

  1. Catherine Ganz-Muller – Le libraire de Cologne

Scrinéo, 2020. 16€90 , 9782367407685, dès 14 ans.

Roman, Seconde guerre mondiale, Allemagne nazie, livres, amour, liberté

Un roman sur une résistance en Allemagne nazie

A Cologne, il y a une institution, la librairie Mendel, qui vend mais aussi prête des livres. En 1934, avec l’arrivée des nazis et les différentes lois anti-juives, le propriétaire fuit laissant son entreprise aux mains de son second Hans, secrètement amoureux de la fille de son patron. Hans va tout faire pour garder la librairie ouverte malgré l’aversion du IIIe Reich pour la littérature. Le jeune homme va d’abord devoir faire face à un pillage, perdant la plupart de ses trésors, premières éditions, livres du monde etc. Vient ensuite les bombardements avec l’avancée de la guerre mais Hans va tenir bon, la librairie ne va jamais fermer ses portes. La librairie va survivre à la guerre tout comme Hans qui va mourir en attendant le retour du précèdent propriétaire. Livre très intéressant qui montre l’importance de la culture face à la dictature et pendant les périodes de guerre.

Maylis Cormont

5 Arnaud Cathrine – Romance

Robert Laffont, Coll.R, 2020. 16,50€, 9782221216705.  A partir de 15/16 ans

 Mots clés : roman ado, premier amour, homosexualité,

Chronique d’un premier amour

Vince est lycéen à Paris. Il est bien dans ses baskets, tout roule pour lui. Pas de père mais pas grave ! Sa mère et lui sont très complices, et il peut parler de tout avec elle. Après, c’est un sanguin Vince, il dégaine rapidement les poings quand on le traite de tarlouze, p’tite pédale, pédé et autres injures homophobes ! Oui, Vince est gay et il l’assume complètement. Et là ce qui occupe son esprit jours et nuits c’est de connaître le grand amour celui avec un grand A. Il veut que sa première fois soit digne des films. Mais où le trouver ce Prince Charmant ? Pour les vacances de Noël, sa mère a réservé une semaine aux Canaries à Fuerteventura. Ils partiront avec Octave, son meilleur ami et sa mère. Là-bas, l’amour va lui tomber dessus… Un roman cru, les choses sont dites sans pincettes, mais c’est cela qu’un ado a envie d’entendre ! Vince désire et vit les choses intensément, il est bouleversant de sincérité. Encore un magnifique roman d’Arnaud Cathrine, dont je vous recommande la trilogie A la place du cœur.

Julie Balland